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Breeann Allison About Breeann Allison

Breeann a rejoint Saprea en tant que coordinatrice de l'éducation à la fin de 2018. Elle est titulaire d'une licence en littérature anglaise avec une spécialisation en édition de l'université Brigham Young. Elle travaille actuellement en tant que membre de l'équipe de recherche et de développement des programmes et coenseignante pour le webinaire Saprea consacré à la guérison. Elle est également l'auteur du manuel Retrouver l'espoir de Saprea et co-auteur de Pourquoi je me sens toujours comme ça : Changer votre relation avec le traumatisme de l'abus sexuel subi dans l'enfance. Elle travaille dans l'édition depuis sept ans, d'abord comme développeur de programmes d'études chez Gibbs Smith Education, puis comme rédactrice chez FranklinCovey. À côté de cela, elle aime écrire de la fiction, gâter ses nièces et neveux et défendre le caractère sacré de la virgule d'Oxford.

11 facteurs qui augmentent le risque d’abus sexuels

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11 facteurs qui augmentent le risque d’abus sexuels

Cela peut être décourageant de naviguer à travers tous les risques et dangers dont nous devons être conscients pour assurer la sécurité de nos enfants. Vous trouverez ci-dessous une liste de 11 facteurs qui augmentent le risque d’agressions sexuelles sur les mineurs, ainsi que des conseils pour les réduire. Cette liste n’a pas pour but de vous alarmer, mais de vous fournir des outils pour protéger et autonomiser votre enfant.

1er facteur de risque :

Environnement domestique stressant

Les enfants qui ont peu confiance en eux dans leur environnement, en particulier à la maison, sont vulnérables face à un adulte qui leur promet stabilité et sécurité, même si cette stabilité s’accompagne d’autres comportements indésirables. Les enfants dont la vie familiale est stressante peuvent également avoir l’impression de ne pas pouvoir se confier à un parent parce que celui-ci est déjà accablé de tant de problèmes et peut ne pas bien gérer la situation.

Conseil :

Il est impossible d’éviter le stress, surtout en tant que parent. Mais être conscient de l’impact de votre stress sur votre enfant et de la façon dont vous pouvez le gérer vous aidera beaucoup. Assurez constamment à votre enfant qu’il peut toujours se confier à vous, quel que soit le niveau de stress que vous semblez avoir. Si votre enfant se confie à vous, donnez suite aux engagements que vous avez pris. Si vous vous trouvez dans une situation ou une relation qui est risquée pour vous et votre enfant, demandez immédiatement de l’aide. Il est important de retirer un enfant (et vous-même) d’un environnement dangereux dès que possible.

2ème facteur de risque :

Faible estime de soi

Les enfants qui ont une faible estime de soi sont particulièrement vulnérables en raison de leur besoin d’affection, d’admiration et d’acceptation. Cela est particulièrement vrai pour les enfants qui sont la cible de harcèlements ou dont les parents ont également une faible estime de soi. Les enfants qui ont une faible estime de soi sont plus susceptibles d’être attirés par ceux qui leur offrent des flatteries, des cadeaux et une attention particulière. Sans estime de soi, un enfant peut ne pas voir la valeur des limites, du respect et du consentement auxquels il a droit.

Conseil :

Vous pouvez aider votre enfant à renforcer son estime de soi en identifiant un passe-temps, une activité ou une compétence qu’il apprécie. Il peut s’agir par exemple de sports, d’arts du spectacle, d’équipes scolaires, de travaux manuels ou d’autres activités extrascolaires. Participez à ces activités avec votre enfant ; encouragez et félicitez-le pour sa participation. Une autre technique utile consiste à confier à votre enfant des responsabilités à la maison et à le récompenser lorsque ces responsabilités sont assumées. Cela renforcera l’identité de votre enfant en tant que membre apprécié et utile du ménage. Si vous découvrez que votre enfant est victime de harcèlement, abordez immédiatement le problème. Essayez également de réaliser comment vous parlez de vous-même en présence de votre enfant. Vous êtes l’exemple numéro un de votre enfant. Si vous donnez l’exemple d’une image de soi positive et d’un discours positif, votre enfant fera de même.

3ème facteur de risque :

Accès non contrôlé à la technologie

La technologie offre des moyens illimités pour favoriser l’éducation, la créativité et la communication de votre enfant. Malheureusement, la technologie est aussi le terrain de jeu de l’agresseur. Internet leur offre un accès bien plus large à des cibles potentielles, ainsi qu’un anonymat accru et la possibilité de garder les choses secrètes. Les téléphones, les tablettes ou les ordinateurs portables de votre maison peuvent être des passerelles d’interaction entre un agresseur et votre enfant. Non seulement ces appareils élargissent considérablement la portée de l’agresseur, mais ils suppriment de nombreux obstacles à la perpétration d’actes criminels (comme le fait d’essayer d’isoler un enfant ou de pouvoir envoyer du matériel inapproprié).

Conseil :

Surveillez l’accès de votre enfant à l’ordinateur, aux courriels, aux textos et aux plateformes de médias sociaux. Soyez attentif à chaque appareil connecté à Internet sous votre toit, où il se trouve, qui l’utilise et quels sont les sites fréquemment consultés. Vous pouvez également envisager de connaître les mots de passe de votre enfant et de limiter l’utilisation des appareils compatibles avec Internet dans sa chambre. Vous pouvez également discuter avec votre enfant de la possibilité de tomber sur des images à caractère sexuel, et notamment de la manière de reconnaître ces images et de savoir quoi faire s’il tombe sur elles.

4ème facteur de risque :

Mauvaise communication

Les enfants qui ne se sentent pas capables d’être ouverts avec leurs parents peuvent devenir distants, isolés et peu sûrs d’eux, et donc plus susceptibles d’être victimes du conditionnement d’un agresseur. Ils sont moins susceptibles de se confier à leurs parents sur des sujets importants tels que les nouveaux adultes dans leur vie, les comportements inappropriés dont ils sont témoins ou qu’ils subissent, ou les changements physiques que subit leur corps. Un enfant qui a une mauvaise communication avec ses parents gardera probablement le secrets si ou quand un abus sexuel commence. Il peut vivre dans la crainte d’avoir des ennuis, d’être jugé ou honteux, d’être un poids pour ses parents ou d’être ignoré.

Conseil :

La communication est la clé de la prévention des abus sexuels sur les mineurs. Vous pouvez faire toute la différence en ayant des discussions continues avec votre enfant, et à double sens, adaptées à son âge et à son niveau de maturité et de compréhension. Posez des questions ouvertes sur les sentiments, les interactions et les expériences quotidiennes de votre enfant. Répondez à toutes les questions de votre enfant avec une sensibilité adaptée à son âge, quel que soit le degré de gêne de la conversation. Si vous établissez ce type de communication ouverte avec votre enfant dès son plus jeune âge, il prendra l’habitude de se confier à vous pour obtenir de l’aide au moment où il en a le plus besoin.

5ème facteur de risque :

La solitude

La solitude est une émotion puissante. Elle peut entraîner des sentiments de négligence, d’isolement et d’aliénation. Une étape cruciale dans le conditionnement d’un agresseur est l’isolement de l’enfant de ses proches, tant émotionnellement que physiquement. Si l’enfant se sent déjà isolé, cette étape sera beaucoup plus facile à franchir pour l’agresseur. De plus, si l’enfant est souvent laissé seul ou sans surveillance, l’agresseur a plus de chances de se rapprocher de lui.

Conseil :

La solitude a peu de chances de se produire lorsque le parent est présent et engagé. Méfiez-vous de laisser votre enfant à la maison sans surveillance adéquate de la part d’une personne de confiance pendant de longues périodes. Cela peut être difficile pour les parents seuls ou dans un ménage où les deux parents travaillent. Si votre situation vous oblige à vous éloigner de votre enfant pendant de longues périodes, veillez à ce qu’il soit confié à un adulte de confiance et communiquez fréquemment avec votre enfant. Exprimez votre sollicitude et votre implication pour renforcer le fait que votre enfant n’est pas seul. 

6ème facteur de risque :

Les enfants qui s’identifient comme LGBTQ

Les enfants qui s’identifient comme LGBTQ+ ou qui sont en train de comprendre leur identité sexuelle et/ou de genre peuvent courir le risque de se sentir socialement isolés et aliénés de leurs pairs. La peur, l’anxiété et l’incertitude qu’ils peuvent ressentir peuvent les amener à se considérer comme un étranger sans soutien émotionnel. L’agresseur peut se rendre compte de cette vulnérabilité et de ce besoin d’être guidé et peut chercher à convaincre l’enfant qu’il est le seul à le comprendre et à l’accepter. L’enfant peut avoir entendu les nombreux mythes qui entourent les abus sexuels et l’orientation sexuelle et hésiter à les révéler. Lorsqu’un enfant a peur de s’ouvrir à ses parents au sujet de sa sexualité, l’agresseur peut utiliser ce secret contre lui pour empêcher que l’abus ne soit révélé.

Conseil :

Une des principales craintes qu’un enfant peut avoir lorsqu’il accepte son identité sexuelle ou son identité de genre est la façon dont ses parents vont y réagir. En fait, cette crainte peut éclipser toutes les autres. Pour dissuader cette crainte, créez un environnement dans lequel votre enfant peut se sentir en sécurité pour discuter de ces sujets. Encouragez-le à être ouvert avec vous grâce à une communication continue et à double sens. Si votre enfant s’ouvre à vous au sujet de son orientation ou de son identité sexuelle, répondez-lui avec calme et amour. Posez des questions et écoutez activement pour montrer que ses pensées et ses sentiments comptent. 

7ème facteur de risque :

Mal comprendre ce que sont les limites

L’une des principales causes d’augmentation des risques d’abus sexuels sur les mineurs est le manque d’éducation ou de compréhension des limites. Les enfants qui n’ont pas une compréhension claire des limites sont très peu susceptibles de faire la distinction entre un comportement approprié et inapproprié. Ils peuvent ne pas comprendre lorsqu’une personne a violé ses limites personnelles ou celles d’une autre personne. Si leur compréhension de ce qui constitue un abus n’est pas claire, ils sont moins susceptibles de révéler un comportement sexuellement abusif dont ils sont témoins, dont ils font l’expérience ou dont ils entendent parler. Ils peuvent également adopter ou démontrer un comportement inapproprié qui pourrait attirer l’attention d’agresseurs potentiels.

Conseil :

Dès le plus jeune âge, apprenez à votre enfant à connaître les limites. Cela ne signifie pas nécessairement qu’il faille aborder avec lui des sujets plus mûrs comme les relations sexuelles ou les abus sexuels. Cela signifie plutôt qu’il faut lui apprendre que son corps est important et que certaines parties de son corps ne doivent pas être touchées par quiconque sans sa permission (dans le cas d’un médecin ou d’un parent à l’heure du bain). Cela signifie également qu’il faut communiquer les bons et les mauvais comportements dans la façon dont votre enfant interagit avec les autres. Des limites claires et cohérentes donneront à votre enfant les connaissances et la confiance dont il a besoin pour rester en sécurité.
Votre enfant a besoin de limites afin de développer sa confiance et son estime de soi. Toutefois, à l’intérieur de ces limites, il est essentiel de laisser à votre enfant une certaine liberté adaptée à son âge.
—Joelle Casteix

8ème facteur de risque :

Handicaps

Les enfants en situation de handicap ont au moins trois fois plus de risques d'être victimes d'abus sexuels. Cette statistique s’explique par de multiples raisons, notamment le besoin de soins personnels de l’enfant, son désir d’être accepté, sa dépendance à l’égard des autres, son incapacité à s’échapper en raison de limitations physiques, son incapacité à révéler les abus en raison de limitations dans la communication et un manque d’éducation sur la sexualité saine et les abus sexuels.

Conseil :

Si votre enfant souffre d’un handicap, apprenez-lui l’importance de l’intimité corporelle, des limites appropriées et du rôle du consentement. Établissez des habitudes de communication ouvertes en ayant des discussions continues sur la sexualité saine. Pour les enfants ayant des difficultés de communication, proposez-leur un moyen de signaler les abus qui répond suffisamment à leurs besoins de communication. Si un enfant présente des changements significatifs ou de nouveaux défis en matière de comportement, envisagez la possibilité qu’il s’agisse de réactions à des abus. Si un abus sexuel se produit, signalez-le immédiatement.

9ème facteur de risque :

Familles recomposées

Dans une famille recomposée, la communication et la dynamique des relations sont compliquées. Il peut y avoir des désaccords entre les parents sur la manière d’éduquer au sujet des limites, de la résolution des conflits, de l’intimité et d’une sexualité saine. Les tensions entre les membres de la famille et les membres de la famille recomposée peuvent entraîner davantage de conflits au sein du foyer, ce qui peut amener les enfants à avoir moins confiance en leur environnement. Les familles recomposées augmentent également les chances d’un enfant de rencontrer un agresseur, qu’il s’agisse d’un adulte (un beau-parent, un partenaire) ou d’un pair (un frère ou sœur par alliance).

Conseil :

Étant donné que plus de paramètres entrent en jeu dans une famille recomposée, il peut être nécessaire de déployer davantage d’efforts pour assurer une communication cohérente et ouverte. Pour assurer la cohérence et la clarté, tous les responsables impliqués doivent être sur la même longueur d’onde en ce qui concerne l’éducation sur les limites sûres, le comportement approprié et la sexualité saine. Soyez attentifs et vigilants à l’égard de tous les membres de la famille et des nouvelles dynamiques qui se développent. Posez à votre enfant des questions ouvertes sur ses expériences, ses sentiments et ses interactions avec le reste de la famille. Si vous constatez un comportement d’alerte parmi les membres de la famille, réagissez immédiatement.

10ème facteur de risque :

Violence domestique

Dans un foyer où diverses formes d’abus, de négligence et de maltraitance se produisent, l’abus sexuel est probablement aussi un risque élevé. C’est particulièrement le cas dans les foyers où il y a de la violence physique. La violence domestique favorise un environnement familial caractérisé par l’instabilité, l’insécurité, une mauvaise communication et une agression mal gérée. Elle peut également être liée à l’abus d’alcool ou de drogues chez un ou plusieurs membres de la famille. Chacun de ces facteurs augmente le risque d’agression sexuelles sur les mineurs. Selon la chercheuse Danielle A. Black, le risque d’abus sexuel intrafamilial est six fois plus élevé dans une famille où la mère est victime de l’agressivité de son partenaire.

Conseil :

Si vous êtes dans une relation de violence domestique, demandez immédiatement de l’aide. Faites ce que vous pouvez pour retirer votre enfant de l’environnement dangereux le plus rapidement possible. De même, si vous avez des problèmes d’addiction à la drogue ou à l’alcool, demandez de l’aide immédiatement. Des ressources sont disponibles. Le plus longtemps votre enfant est exposé à un environnement instable et menaçant, plus le risque d’abus est élevé. Si possible, placez votre enfant dans un endroit sûr avec un adulte en qui vous avez confiance.

11ème facteur de risque :

Abus sexuels antérieurs

Les enfants qui ont été victimes d’abus sexuels dans le passé courent un risque plus élevé de subir de nouveaux abus. C’est ce qu’on appelle la revictimisation. Un enfant survivant qui ne dispose pas du réseau de soutien et des outils nécessaires pour faire face à son traumatisme peut devenir plus vulnérable à une répétition des abus sexuels, que ce soit pendant l’enfance, l’adolescence ou l’âge adulte. De plus, un enfant qui a été victime d’abus sexuels qui n’ont pas été traités est probablement encore dans un environnement à risque qui permet à l’abus de continuer.

Conseil :

Si vous découvrez qu’un enfant – le vôtre ou celui d’une autre personne – est victime d’abus sexuels, signalez-le immédiatement. Faites tout ce qui est en votre pouvoir pour empêcher que l’abus ne se poursuive. Apportez un soutien émotionnel, de la patience et de l’empathie à la victime pour l’aider à renforcer sa résistance et son estime de soi, tout en lui donnant accès à une thérapie. Un élément crucial de ce soutien est de protéger la victime contre les sentiments de honte, de culpabilité et d’autoaccusation. Votre façon de réagir peut être le facteur le plus important dans le parcours de guérison de votre enfant, y compris la prévention d’une nouvelle victimisation. En fait, les recherches suggèrent que le soutien d’une famille peut avoir plus d’influence sur le rétablissement d’un survivant que la gravité des sévices subis.
Ce n’est pas facile d’être parent, mais en utilisant ces informations, vous pouvez vous donner les moyens d’améliorer la sécurité et le bien-être de votre enfant. En fin de compte, suivez votre instinct. Personne ne connaît votre enfant et sa situation mieux que vous. Le plus important est d’être là pour votre enfant, de lui faire savoir à quel point vous l’aimez et de continuer à être le parent extraordinaire que vous êtes.

À propos de l'auteur

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Breeann Allison

Research and Program Development Strategist
Breeann a rejoint Saprea en tant que coordinatrice de l'éducation à la fin de 2018. Elle est titulaire d'une licence en littérature anglaise avec une spécialisation en édition de l'université Brigham Young. Elle travaille actuellement en tant que membre de l'équipe de recherche et de développement des programmes et coenseignante pour le webinaire Saprea consacré à la guérison. Elle est également l'auteur du manuel Retrouver l'espoir de Saprea et co-auteur de Pourquoi je me sens toujours comme ça : Changer votre relation avec le traumatisme de l'abus sexuel subi dans l'enfance. Elle travaille dans l'édition depuis sept ans, d'abord comme développeur de programmes d'études chez Gibbs Smith Education, puis comme rédactrice chez FranklinCovey. À côté de cela, elle aime écrire de la fiction, gâter ses nièces et neveux et défendre le caractère sacré de la virgule d'Oxford.

Qu’est-ce que la sextorsion ?

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Qu’est-ce que la sextorsion ?

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« Envoie-moi une autre photo, plus sexy cette fois. Sinon, j'enverrai celle que j'ai déjà à toutes les personnes que tu connais. »
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« Pour 500 euros, tu peux faire en sorte que tout ça disparaisse. »
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« Tu ne veux pas que ça circule dans l'école, non ? »
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« Tu aurais peut-être dû faire plus attention aux photos que tu m'as envoyées avant de me laisser tomber. »
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« Si tu le dis à la police, ils t'arrêteront pour m'avoir envoyé des photos pédopornographiques. »

La définition de la sextorsion

La sextorsion, ou chantage sexuel, est une forme d'abus sexuel sur mineur qui consiste à menacer de diffuser du contenu à caractère sexuel explicite de la victime si certaines exigences ne sont pas satisfaites. Le plus souvent, l'auteur menace de diffuser des images à caractère sexuel de la victime (réelles ou truquées) dans le but d'obtenir de l'argent, du contenu supplémentaire à caractère sexuel explicite, un contact sexuel avec la victime ou de satisfaire d'autres exigences. Si les images intimes constituent le type de chantage le plus connu, les extorqueurs peuvent utiliser d’autres moyens de pression contre la victime, comme la menace de diffuser une capture d’écran d’une conversation intime, une vidéo provenant de la webcam de la victime ou des informations privées sur la sexualité de celle-ci. Cette dernière menace pourrait expliquer pourquoi les jeunes LGBTQ+ sont près de trois fois plus susceptibles d’être victimes de sextorsion que leurs pairs hétérosexuels.1

La sextorsion est l’une des nombreuses formes d’abus sexuels facilités par la technologie qui impliquent l’obtention et/ou le partage non consensuel d’images à caractère sexuel. Une telle diffusion est commise dans l’intention de nuire, d’humilier, d’exploiter ou de tirer profit. Ce qui distingue le chantage sexuel des formes plus publiques d'abus facilités par la technologie, comme l'abus sexuel par le biais d'images, le harcèlement sexuel ou la pornographie de vengeance, c'est que le chantage sexuel repose sur la menace de diffuser des images afin d'exercer un contrôle sur la victime. Cette manipulation, associée au sentiment d'impuissance instillé chez la victime, constitue le principal facteur à l'origine des préjudices causés par le chantage sexuel.

STATISTIQUES SUR LA SEXTORSION

  • Des études récentes estiment que 3 à 5 % des adolescents américains ont été victimes de sextorsion.3,4
  • Selon le FBI et le Centre national pour les enfants disparus et exploités, le nombre de signalements de sextorsion a plus que doublé entre 2019 et 2021.5,6
  • En 2022, le service des enquêtes de la Sécurité intérieure (Homeland Security Investigations) a reçu plus de 3 000 signalements de sextorsion, bien que le nombre exact de cas individuels concernés reste inconnu.7
  • Les auteurs agissent souvent rapidement : 60 % des victimes sont menacées dans les deux semaines suivant le premier contact.8
  • 51 % des adolescents victimes n’en parlent jamais à personne, principalement par honte et par peur.8
  • Dans environ la moitié des cas de sextorsion impliquant des mineurs, le maître chanteur met sa menace à exécution en diffusant le contenu sensible, qu’il publie en ligne et/ou partage avec les contacts des victimes.8
  • Une étude menée par Thorn, une organisation à but non lucratif dédiée à la protection des enfants contre les abus et l'exploitation sexuels, a révélé que 16 % des auteurs ont demandé aux victimes de s'infliger des blessures, tandis que 10 % ont exigé que les victimes produisent du contenu à caractère sexuel mettant en scène leurs frères et sœurs ou leurs amis.16

Comment s'effectue la sextorsion ?

Les chercheurs soulignent que la sextorsion qui met les jeunes en danger se répartit généralement en deux grandes catégories : lorsque la victime fait l'objet d'un chantage de la part d'un inconnu rencontré en ligne, ou lorsqu'elle est victime d'une personne qu'elle connaît déjà.2,8

Victime de chantage de la part d'un inconnu rencontré en ligne

PREMIER CONTACT

De nombreuses victimes de sextorsion sont ciblées par une personne qu’elles ont rencontrée en ligne.8 Dans ces cas-là, l’extorqueur se lie souvent d’amitié avec le jeune sur une application de réseau social, une plateforme de streaming en direct ou de jeux vidéo, ou tout autre support doté d’une fonctionnalité de messagerie instantanée.9

Lors de ce premier contact, l’extorqueur utilise généralement une fausse identité, se faisant passer pour une personne plus jeune, séduisante et généralement du sexe opposé, afin de susciter l’intérêt et de gagner la confiance du jeune. En effet, ce type de « catfishing » (usurpation d'identité en ligne) est utilisé dans 91 % des cas de sextorsion impliquant des auteurs rencontrés en ligne.9 Lors de ses échanges avec le jeune, le malfaiteur utilise des techniques de manipulation telles que la flatterie, les compliments, le flirt, le partage de secrets et des signes d’intérêt sincère pour la vie du jeune. Il peut même offrir des cadeaux ou soudoyer le jeune afin de nouer une relation de confiance.7

CHANTAGE

Le malfaiteur demandera alors au jeune de lui envoyer une photo suggestive de lui-même. Cette demande peut intervenir après qu'il a manifesté son attirance pour le jeune, après des compliments excessifs sur son apparence physique, voire après avoir lui-même envoyé une image à caractère sexuel. Une fois que le jeune a été contraint d'envoyer une photo à caractère sexuel, l'auteur utilise cette photo à des fins de chantage, menaçant de la diffuser en ligne ou de la montrer à ses connaissances s'il ne satisfait pas à une exigence précise. Certains malfaiteurs peuvent exiger davantage de photos ou d’autres formes de contenu sexuellement explicite. Ils peuvent même exiger un contact sexuel avec la victime ou la contraindre à se livrer à des activités illégales. D’autres peuvent exiger un paiement dans le cadre de ce que l’on appelle le chantage sexuel financier, une tendance en hausse qui cible de plus en plus les jeunes hommes.10 Ces dernières années, même des organisations criminelles internationales ont mis en place des stratagèmes de chantage sexuel de type centre d’appels, spécialement conçus pour exploiter financièrement des adolescents.15

Ce qui rend le chantage en ligne particulièrement pernicieux, c’est que 85 % des malfaiteurs commencent à manipuler leurs victimes presque immédiatement après le premier contact, et que 60 % d’entre eux menacent leurs victimes dans les deux semaines suivant la première interaction. Certains mineurs rapportent avoir discuté moins d’une heure avant d’être contraints d’envoyer des images explicites.14 Cette progression rapide représente une différence fondamentale par rapport à d’autres formes d’exploitation sexuelle, où l’établissement d’une relation peut s’étaler sur plusieurs mois. Ce délai très court signifie que les adolescents ont peu de chances de reconnaître les signes avant-coureurs avant de se retrouver piégés.

Victime de chantage de la part de quelqu'un que vous connaissez

PREMIER CONTACT

Si les cas impliquant des inconnus rencontrés en ligne ont retenu l'attention croissante des médias sur le thème de la sextorsion, des études montrent que, dans la majorité des cas, le mineur est victime d'une personne qui fait déjà partie de son entourage, le plus souvent un partenaire amoureux actuel ou ancien.3,8

CHANTAGE
Le fait d’être victime de sextorsion de la part d’une connaissance semble aller de pair avec les abus subis dans le cadre des relations amoureuses chez les adolescents, notamment lorsqu’il s’agit de menacer de diffuser des photos d’un partenaire afin de le contrôler, de le forcer à reprendre la relation ou de l’obliger à fournir davantage de photos après la rupture. La sextorsion peut également aller de pair avec la pornographie de vengeance, le harcèlement sexuel en ligne, la diffusion de contenus sexuellement explicites impliquant des enfants et d’autres formes d’abus sexuels facilités par les technologies. Bien que les victimes fournissent souvent sciemment des images à caractère sexuel qui sont ensuite utilisées contre elles, le degré de consentement impliqué dans une telle décision peut faire l'objet d'un débat, même au sein de couples amoureux. Une étude a montré que si la plupart des victimes avaient initialement envoyé ces images à une personne qu'elles connaissaient (75 %), beaucoup se sont senties contraintes de le faire (67 %).8 Cela peut être révélateur de la nature complexe et controversée du sexting. Alors que le sexting reste courant chez les adolescents en tant que forme de lien social, d’expression romantique et d’exploration sexuelle, les filles en particulier ont déclaré se sentir sous pression, manipulées ou contraintes d’envoyer des images d’elles-mêmes, et subissant ainsi davantage de conséquences négatives.8 L'une de ces conséquences peut être le chantage sexuel. De plus, si le maître chanteur finit par diffuser ces contenus sensibles, le jeune devient alors également victime d'abus sexuels par le biais d'images (diffusion d'images sans consentement).

Quelles sont les conséquences de la sextorsion ?

Qu'une menace de sextorsion soit mise à exécution ou non, les victimes peuvent en subir de nombreuses conséquences néfastes. Beaucoup d'entre elles éprouvent un sentiment d'impuissance, de honte, de peur et de perte de contrôle.11 Certaines ont déclaré se sentir piégées, comme s'il n'y avait aucune issue. Ces sentiments de terreur, d’inquiétude et de désespoir ont entraîné d’autres conséquences néfastes, notamment une dépression sévère, des crises de panique, des troubles alimentaires, des comportements autodestructeurs, des pensées suicidaires et, dans quelques cas très médiatisés, le suicide.1, 12 Ces risques peuvent s’aggraver lorsque l’auteur de la sextorsion continue de harceler ou de traquer la victime, crée un faux profil en ligne à son sujet et/ou l’encourage à s’automutiler.3, 8 Lorsque l’enfant est victime de sextorsion de la part d’une personne rencontrée en ligne, il est non seulement menacé de chantage, mais risque également de perdre une relation qu’il percevait comme sûre, source de soutien, voire d’amour.10

HONTE

Comme pour d’autres formes d’abus sexuels sur mineurs, la honte que peut ressentir une victime de sextorsion réduit ses chances de demander de l’aide. En effet, seule la moitié des mineurs victimes de sextorsion parlent à quelqu’un de ce qu’ils ont subi. La plupart se sentent trop gênés (80 %) ou craignent d’avoir des ennuis (68 %).8 Parmi les victimes qui se confient à un parent, les filles sont nettement plus susceptibles de se dévoiler (41,7 %) que les garçons (28,6 %).3

Cette honte est amplifiée par les discours qui rejettent la responsabilité sur la victime en matière de sexualité et par la nature durable du contenu en ligne. Les victimes décrivent se sentir « sales », « humiliées » et « mal à l'aise », et se culpabilisent.17


CONSÉQUENCES SOCIALES

Les conséquences sociales se répercutent de manière tangible sur la vie des victimes. Des études montrent que 46 % des victimes mineures perdent le contact avec leurs amis ou des membres de leur famille à la suite de l'agression, tandis que 14 % rencontrent des problèmes scolaires suffisamment graves pour devoir changer d'établissement. Les victimes se replient sur elles-mêmes et s'isolent, cherchant à gérer la menace que représente la divulgation de leurs images, et surveillant de manière obsessionnelle Internet à la recherche de signes indiquant que celles-ci ont été diffusées.8

TÉMOIGNAGES DE SURVIVANTS

Sur son blog, Thorn partage des témoignages recueillis auprès de victimes de sextorsion. À travers ces récits, des sentiments communs se dégagent : la peur d’être dévoilé au grand jour, une honte profonde, le sentiment de culpabilité, l’isolement lié au fait de souffrir en silence et, enfin, le soulagement et la force qui découlent du fait de s’exprimer et de se confier à une personne de confiance. La page renvoie également vers des témoignages individuels de victimes, notamment celui d'Ashley Reynolds, qui travaille désormais avec le FBI et le NCMEC pour sensibiliser le public, et l'histoire de Ryan Last, racontée par sa mère Pauline afin d'aider d'autres familles à reconnaître les signes avant-coureurs avant qu'il ne soit trop tard.

Comment mettre fin au chantage sexuel : la prévention commence par une communication ouverte

La sextorsion constitue un délit qui vise à isoler les victimes en jouant sur leurs sentiments de honte, d'impuissance et de terreur. Les victimes peuvent non seulement craindre d'avoir des ennuis avec leurs parents et les forces de l'ordre, mais aussi de se voir confisquer leurs appareils électroniques, une conséquence qui peut être perçue comme une punition et conduire à un isolement encore plus grand.17 L'une des mesures les plus importantes qu'un parent puisse prendre pour réduire le risque que son enfant soit victime de sextorsion consiste à favoriser une communication ouverte et constante.

PARLER AUX ENFANTS DES RISQUES LIÉS À INTERNET ET À LA SEXTORTION

La communication entre parents et enfants est le facteur de protection le plus efficace. De nombreuses études montrent que des discussions régulières sur les risques liés à Internet contribuent à de meilleurs résultats, et que la qualité de la communication importe davantage que sa fréquence. Une étude du Pew Research Center a révélé que 94 % des parents discutaient avec leurs adolescents du partage approprié de contenus en ligne, mais que 70 % des adolescents déclaraient cacher leur comportement en ligne à leurs parents.18 Les parents ont donc du travail à faire. Saprea recommande des « conversations de 30 secondes » sur des scénarios spécifiques plutôt que de longs discours, en posant des questions telles que « Que ferais-tu si une personne que tu as rencontrée en ligne te demandait des photos ? »

Une surveillance parentale stricte dans le cadre d’une approche restrictive est en réalité associée à de moins bons résultats, peut-être parce qu’elle sape la quête d’autonomie des adolescents et les incite au secret.19 Les parents doivent trouver un équilibre entre la surveillance et l’instauration d’un climat de confiance, en reconnaissant que l’objectif est d’enseigner le bon jugement plutôt que d’empêcher toute exposition à une activité présentant ne serait-ce qu’un faible risque de chantage en ligne.

SUGGESTIONS DE DISCUSSION POUR LES PARENTS

ENSEIGNER LES RELATIONS SAINES POUR RÉDUIRE LE RISQUE DE SEXTORSION

Saprea encourage les parents à enseigner et à montrer par l'exemple à quoi ressemblent des relations saines, que ces relations se nouent d'abord en personne ou en ligne, et qu'il s'agisse d'une simple connaissance, d'une amitié ou d'une relation amoureuse.4, 13 À mesure que les jeunes acquerront une meilleure compréhension de ce qui caractérise une relation saine – notamment l'authenticité, l'ouverture d'esprit, la communication et le respect des limites –, ils seront mieux à même d'identifier les situations et les interactions susceptibles de les mettre en danger. Ils seront également mieux armés pour maintenir des limites saines, repousser les exigences et résister aux pressions qui cherchent à les franchir. Ils seront aussi plus aptes à gérer des situations abusives telles que le chantage sexuel en coupant tout contact, en cherchant de l’aide et en reconnaissant qu’ils ne sont pas responsables. Les jeunes rechercheront ce type de soutien s’ils ont déjà l’assurance que leur parent est une personne sûre et de confiance vers laquelle ils peuvent se tourner, quel que soit le problème auquel ils sont confrontés. Si le parent a l’habitude de répondre plutôt que de réagir, et a maintenu une communication ouverte sur toutes sortes de sujets sensibles ou difficiles, l’enfant ou l’adolescent sera moins susceptible de s’isoler s’il devient la cible d’une agression.

ENSEIGNER AUX ADOLESCENTS LA DIFFÉRENCE ENTRE LES RELATIONS EN LIGNE SAINES ET LES RELATIONS NUISIBLES

ENSEIGNER LES RELATIONS SAINES POUR RÉDUIRE LE RISQUE DE SEXTORSION

Outre une communication ouverte et l'exemple de relations saines, les parents peuvent également enseigner et montrer l'exemple en matière de limites saines face aux technologies. Ils peuvent sensibiliser leurs enfants à la citoyenneté numérique et aux risques qui accompagnent le fait de vivre à l'ère numérique, notamment le risque de sextorsion. Les parents peuvent conseiller à leurs enfants d'être sélectifs quant à ce qu'ils partagent avec les autres — en ligne et hors ligne — et de garder à l'esprit que n'importe qui peut se faire passer pour quelqu'un d'autre sur Internet. Ils peuvent également fixer des limites concernant le temps passé devant les écrans et l'utilisation d'Internet, encadrer ou contrôler ponctuellement les appareils, se tenir informés des applications et des réseaux sociaux que leurs enfants utilisent, et savoir avec qui leurs enfants communiquent.
PROGRAMMES PERTINENTS
NetSmartz, développé par le Centre national pour les enfants disparus et exploités (National Center for Missing & Exploited Children), est un programme de prévention largement utilisé qui touche des milliers d’enfants par l’intermédiaire de professionnels formés. Le programme propose un contenu éducatif adapté à l'âge des participants, conçu pour promouvoir un comportement en ligne sûr, la culture numérique et reconnaître les risques grâce à des programmes structurés et du matériel interactif. Malgré sa large diffusion, les données d'évaluation publiées sur son impact comportemental restent limitées. De même, la campagne « Stop Sextortion » du FBI propose des ressources éducatives et des guides de conversation s'appuyant sur l'expérience opérationnelle des forces de l'ordre.
LES PLATEFORMES EN LIGNE LES PLUS COURANTES OÙ COMMENCE LA SEXTORSION

Signes avant-coureurs

Les parents peuvent également être attentifs aux signes avant-coureurs de la sextorsion et d’autres formes d’abus sexuels sur mineurs, qu’ils soient facilités par la technologie ou non. L’Internet Watch Foundation est une organisation à but non lucratif basée au Royaume-Uni qui se consacre à l’élimination des images d’abus sexuels sur mineurs en ligne. Sur sa page « Aide et soutien », elle indique que les signes avant-coureurs peuvent inclure :

  • Abandon des activités habituelles telles que les sorties entre amis, le sport, les repas, les loisirs ou les moments en famille.
  • Une recrudescence d'anxiété, de peur ou de honte après avoir été en ligne, accompagnée de pleurs, d'agitation ou d'un comportement « à fleur de peau ».
  • Des changements d'humeur rapides ou de l'irritabilité, y compris des réactions violentes lorsqu'on lui demande ce qui ne va pas.
  • Des demandes inexpliquées d'argent, de cartes-cadeaux, de cryptomonnaie ou des messages urgents du type « J'ai besoin d'argent tout de suite ».
  • Le vol d’argent ou la tentative d’accéder aux applications ou cartes de paiement de la famille.
  • Allusion au fait que quelqu’un « détient des informations compromettantes » sur l’enfant, ou qu'il a « fait une bêtise » sans donner d’explications.
  • Signes de dépression ou de désespoir, troubles du sommeil ou de l’appétit, ou perte d’intérêt pour des activités qu’il apprécie habituellement.
  • Comportement de plus en plus secret, suppression de messages, création de nouveaux comptes ou changement soudain de nom d’utilisateur/mot de passe.

Comment se déroule généralement une sextorsion : étape par étape

Comprendre comment se déroule une sextorsion aide les parents et les jeunes à en reconnaître les signes avant-coureurs dès le début. Il existe souvent des similitudes entre les schémas de conditionnement en ligne et les séquences courantes de la sextorsion. Bien que chaque cas puisse être différent, les recherches montrent que les stratagèmes de sextorsion suivent un schéma récurrent :

01
PRISE DE CONTACT
Le malfaiteur repère un jeune sur les réseaux sociaux, les plateformes de jeux vidéo ou les applications de messagerie. Il cible souvent des adolescents dont le profil est public, ce qui lui permet de consulter leur liste d'amis, leurs centres d'intérêt et leurs informations personnelles. Dans les cas de sextorsion financière visant des adolescents de sexe masculin, certains escrocs créent un faux compte en ligne en se faisant passer pour une jeune fille séduisante du même âge. Dans le cas de sextorsion à caractère sexuel, les malfaiteurs peuvent se faire passer pour des camarades, des recruteurs de mannequins ou même des prétendants. Pour les filles et les jeunes LGBTQ, les malfaiteurs peuvent imiter des identités ou des communautés en lesquelles elles ont confiance, en se faisant passer pour des amies solidaires, des camarades queer, des militantes ou des influenceuses, afin de rapidement instaurer un sentiment de sécurité émotionnelle et de validation.
02
ÉTABLIR RAPIDEMENT UNE RELATION DE CONFIANCE
Contrairement au « grooming » traditionnel, qui prend des semaines, voire des mois, les stratagèmes modernes de sextorsion peuvent évoluer à une vitesse fulgurante. Dès la première conversation, le criminel s'efforce d'établir un lien. Il utilise les informations issues du profil public de l'adolescent pour paraître accessible, en commentant des centres d'intérêt communs, en complimentant des photos ou en évoquant des amis communs. Dans certains cas, il exploite la vulnérabilité liée au sentiment d'appartenance ou à l'image corporelle, en offrant des marques d'affection, une relation amoureuse ou des espaces « sûrs » avant d'orienter la conversation vers des discussions privées ou le partage d'images. Il peut passer rapidement d'une conversation informelle à des sujets plus personnels, souvent le jour même ou peu après.
03
PASSER À DES PLATEFORMES PRIVÉES
Ceux qui cherchent à exploiter les jeunes proposent souvent de déplacer la conversation hors de la plateforme d'origine. Ils peuvent prétexter que l'application présente des dysfonctionnements, qu'ils préfèrent une autre messagerie instantanée ou qu'ils souhaitent davantage de confidentialité pour discuter. Cela sert plusieurs objectifs : cela transfère la conversation vers des plateformes cryptées où la surveillance est plus difficile, cela coupe la victime de son réseau de soutien et cela crée un sentiment de secret et d'intimité. Les destinations courantes comprennent les réseaux sociaux privés, les applications de messagerie ou les plateformes de chat vidéo.
04
INTRODUCTION DE CONTENU À CARACTÈRE SEXUEL
La conversation prend progressivement une tournure sexuelle, bien que cette escalade puisse se produire en quelques heures seulement. L'escroc peut commencer par parler de relations amoureuses, poser des questions sur les expériences passées ou faire des remarques suggestives. Il normalise ensuite le partage d'images explicites en envoyant lui-même du contenu à caractère sexuel en premier — souvent des vidéos préenregistrées de victimes précédentes qu'il présente comme du contenu en direct de lui-même. Il utilise l'approche « je te montre si tu me montres », donnant l'impression d'un échange équitable entre égaux. Les victimes de sextorsion rapportent souvent se sentir sous pression, curieuses, ou vouloir paraître matures et non « prudes ».
05
DEMANDE D'IMAGES EXPLICITES
Une fois la limite franchie, le prédateur demande à l'adolescent d'envoyer des photos de nu ou d'effectuer des actes sexuels devant la caméra. Il peut commencer par des demandes qui semblent moins graves — « juste en sous-vêtements » ou « juste une photo » — avant d'aller plus loin. Il recourt à la flatterie, à la pression, à la culpabilisation ou à de faux sentiments amoureux pour obtenir ce qu'il veut. Au début, de nombreux jeunes envoient ces images de leur plein gré, sans se rendre compte du danger. Des études montrent que 75 % des jeunes victimes ont fourni de leur plein gré les premières images explicites après qu’on leur en ait fait la demande, mais 67 % se sont également sentis contraints de le faire.8
06
LES MENACES COMMENCENT

Tout peut basculer dès lors que l'agresseur est en possession d'images ou de vidéos explicites. La personne qui semblait amicale et intéressée devient soudainement menaçante. Elle dévoile alors ses véritables intentions : exiger de l'argent (souvent sous forme de cryptomonnaie ou de cartes-cadeaux), davantage de contenu à caractère sexuel ou d'autres faveurs sexuelles. Les menaces sont précises et terrifiantes : ils enverront le contenu sensible à tous les contacts de l'adolescent, le publieront sur les réseaux sociaux, l'enverront aux membres de la famille ou le diffuseront à l'école. Ils font souvent des captures d'écran de la liste de contacts de la victime pour prouver qu'ils sont capables de mettre leurs menaces à exécution.

Tous les cas de sextorsion n'impliquent pas nécessairement des menaces immédiates. Des recherches montrent que les prédateurs peuvent poursuivre leur manipulation émotionnelle, en utilisant le lien établi pour maintenir les victimes dans un état de soumission au fil du temps, un schéma qui correspond aux comportements de conditionnement.21 Cela peut piéger les adolescents dans une exploitation prolongée où les exigences s'intensifient progressivement. Pour en savoir plus sur la manière de reconnaître les tactiques de conditionnement, consultez le guide de Saprea sur les signes du conditionnement.

07
EXIGENCES ET PEUR CROISSANTES
Les exigences ne s’arrêtent pas à un seul paiement ou à une seule image. Les victimes de sextorsion décrivent un cercle vicieux cauchemardesque où satisfaire une exigence en entraîne une autre. Si l’adolescent envoie de l’argent, l’escroc en demande davantage. S’il envoie d’autres images explicites, les menaces peuvent se poursuivre. La peur devient insurmontable. Les jeunes surveillent constamment leurs réseaux sociaux, terrifiés à l'idée que leurs contenus sensibles puissent apparaître. Ils peuvent se replier sur eux-mêmes, s'éloigner de leurs amis et de leur famille, souffrir de crises de panique ou avoir du mal à se concentrer sur quoi que ce soit d'autre. Des études montrent qu'une grande partie des victimes sont confrontées à des menaces dans les deux semaines suivant le premier contact, et pour beaucoup, ces menaces se poursuivent pendant des mois.
08
METTRE LEURS MENACES À EXÉCUTION
Dans de nombreux cas, ces menaces ne sont pas vaines. Cela peut se traduire par l'envoi de ces contenus à quelques amis, leur publication dans des espaces publics en ligne ou leur mise en ligne sur des sites web. Thorn a récemment constaté qu'environ 17 % des victimes avaient vu leur extorqueur mettre sa menace à exécution.22 Cette diffusion entraîne de graves conséquences sociales et aggrave le traumatisme. Cependant, dans de nombreuses affaires pénales où les victimes cessent de répondre et signalent les faits aux forces de l'ordre, la diffusion n'a pas lieu ou est limitée, car le criminel passe à des cibles plus faciles.

LES DANGERS DE LA DURÉE

Ce qui rend le chantage sexuel moderne si dangereux, c'est la rapidité avec laquelle toute cette séquence se déroule. Ce qui aurait pu prendre des mois dans le cadre d'un processus de manipulation traditionnel se déroule désormais en quelques jours, voire en quelques heures. Une étude a révélé que certains adolescents avaient discuté moins d'une heure avant d'être contraints de fournir des images à caractère sexuel.20 Ce délai très court signifie que les jeunes n'ont pratiquement aucune possibilité de prendre du recul, de réfléchir clairement ou de demander conseil à leurs proches avant de se retrouver piégés.

Que faire si votre enfant vous confie qu'il est victime de sextorsion

La réponse initiale dans les premières heures qui suivent le moment où un enfant ou un adolescent révèle avoir été victime d'abus ou d'exploitation peut avoir un impact significatif sur son rétablissement à long terme. Des études montrent systématiquement que lorsque cette révélation est accueillie avec confiance, reconnaissance et des mesures de protection immédiates, certains résultats s'améliorent.24

Signalez-le : si un mineur est impliqué, signalez-le auprès de NCMEC CyberTipline. Vous pouvez également le signaler aux forces de l'ordre locales.

Manifester de la compassion et valider

Le rapport clinique de l'Académie américaine de pédiatrie sur les soins tenant compte des traumatismes souligne que les personnes qui s'occupent des adolescents doivent « faire preuve de compassion et valider » tout en « évitant d'exiger un récit détaillé des événements traumatisants lors de la première révélation », car cela peut être source de retraumatisation. L'intervention doit aider les adolescents à accéder à des ressources tout en offrant un sentiment de sécurité psychologique et émotionnelle grâce à « une écoute active, sans jugement et attentive ».23

Messages utiles que les parents peuvent transmettre :

  • « Ce n'est pas toi qui t'en prends à quelqu'un. Même si cela a commencé sur une application ou un site auquel tu es trop jeune pour avoir accès, nous pouvons surmonter cette épreuve. »
  • « Même si tu as pu te sentir à l'aise en créant certains de ces contenus, ce n'est pas toi qui es responsable de cette situation. »

Faire appel à un professionnel

L'accompagnement en matière de santé mentale doit débuter immédiatement et se poursuivre à long terme si nécessaire. Compte tenu du risque de stress post-traumatique en l'absence d'intervention et des taux plus élevés de dépression, d'anxiété et d'idées suicidaires chez les victimes de sextorsion, il est essentiel de mettre les adolescents en relation avec des professionnels de la santé mentale spécialisés dans les traumatismes. Les parents doivent demander une évaluation de la situation de crise si les adolescents présentent des signes d'automutilation ou des pensées suicidaires, en appelant la ligne d'assistance nationale (3114) en cas de crise pour obtenir une aide immédiate.

Soutenir votre enfant

Parmi les facteurs de protection qui atténuent les conséquences graves, on peut citer un soutien social accru, les liens familiaux renforcés par des repas et des activités réguliers, la maîtrise des émotions et des stratégies d'adaptation actives. Des études montrent que les repas en famille et les contacts familiaux atténuent le lien entre le cyberharcèlement et les troubles de santé mentale, ce qui suggère que le maintien de routines familiales normales apporte une stabilité essentielle. S'appuyer sur les points forts des adolescents – leurs centres d'intérêt, leurs talents et leurs réussites passées – permet de poser les bases de la résilience et de contrer la honte et le sentiment d'impuissance liés à la victimisation.

RÉSUMÉ

Si vous ou votre enfant avez déjà été victime de sextorsion, il est important de :

  • Cesser tout contact. Ne répondez pas, ne négociez pas et n’envoyez rien d’autre.
  • Conservez les preuves. Faites des captures d’écran des messages, des menaces, des noms d’utilisateur, des liens vers les profils et de toute demande de paiement.
  • Bloquez et signalez. Bloquez le compte et signalez-le sur toutes les plateformes concernées.
  • Ne payez pas. Évitez d’envoyer de l’argent, des cartes-cadeaux ou des cryptomonnaies. Payer entraîne généralement de nouvelles demandes.
  • Ne confisquez pas son appareil pour le punir. Cela peut accroître sa honte et son isolement. Concentrez-vous plutôt sur les mesures de sécurité.
  • Offrez-lui votre soutien. Restez calme, rassurez-le en lui disant qu’il n’est pas responsable et remerciez-le de vous en avoir parlé.
  • Demandez de l’aide supplémentaire si nécessaire. Envisagez de consulter un conseiller ou un thérapeute, surtout si votre enfant montre des signes d’anxiété, de dépression ou de panique. S’il y a un risque d’autodestruction, appelez ou envoyez un SMS immédiatement à la ligne d’urgence nationale (3114).

Foire aux questions sur la sextorsion

La sextorsion peut être effrayante et accablante, surtout lorsque l’on essaie de comprendre ce qui se passe et comment réagir. Cette rubrique FAQ a pour but d’apporter des réponses claires et concrètes à certaines des questions les plus courantes que l’on se pose au sujet de la sextorsion : comment cela commence, ce que signifient réellement les menaces, combien de temps cela peut durer et quelles mesures prendre pour se protéger. Que vous recherchiez des informations pour vous-même ou pour un proche, ces informations peuvent vous aider à gérer la situation avec plus de clarté, de confiance et de soutien.

Découvrez d'autres ressources

Partout dans le monde, de nombreuses organisations se consacrent à la prévention des abus sexuels sur mineurs et à la sensibilisation à des sujets cruciaux tels que la sextorsion. Les ressources suivantes mettent en avant certaines des initiatives porteuses d’impact menées dans les domaines de la recherche, de l’éducation, de la défense des droits et de l’engagement communautaire. Chaque organisation apporte des outils et des connaissances précieux qui viennent compléter la mission de Saprea, qui consiste à autonomiser les individus et à protéger les enfants contre les abus sexuels.

Federal Bureau of Investigation

Aux États-Unis, le Federal Bureau of Investigation (FBI) joue un rôle majeur dans les enquêtes et la lutte contre la sextorsion, en particulier lorsque des mineurs sont impliqués ou lorsque le délit dépasse les frontières d'un État ou du pays. Il traque et identifie les auteurs, dont beaucoup opèrent à l'échelle internationale, et s'efforce de démanteler les réseaux organisés de sextorsion. Le FBI fournit également des ressources, des alertes publiques et des conseils d'accompagnement aux victimes afin d'aider les familles et les particuliers à répondre en toute sécurité. Les victimes — ou les parents des victimes — peuvent signaler les cas directement au FBI par l'intermédiaire de leur bureau local ou de l'Internet Crime Complaint Center (IC3), qui aide à lancer des enquêtes et à mettre les victimes en relation avec les services d'aide appropriés.

THE NATIONAL CENTER FOR MISSING AND EXPLOITED CHILDREN

Le Centre national pour les enfants disparus et exploités (NCMEC) est une organisation à but non lucratif basée aux États-Unis qui se consacre à la recherche d'enfants disparus et à la prévention de l'exploitation sexuelle des enfants. Le NCMEC gère la CyberTipline, un système centralisé de signalement des abus sexuels sur mineurs commis sur Internet, en collaboration avec les forces de l'ordre et les entreprises technologiques. Il apporte également son expertise et son soutien aux familles, aux forces de l'ordre et aux services sociaux par le biais de formations, d'une assistance technique et de publications, et collecte et analyse des données sur les enfants disparus et exploités afin d'identifier les tendances et d'élaborer des stratégies de prévention. Le programme NetSmartz du NCMEC propose des contenus éducatifs adaptés à l'âge des enfants, conçus pour promouvoir un comportement en ligne sûr, la culture numérique et la reconnaissance des risques grâce à des programmes structurés et du matériel interactif.

The Internet Watch Foundation

L’Internet Watch Foundation est une organisation à but non lucratif basée au Royaume-Uni qui se consacre à l'élimination des images d'abus sexuels sur mineurs en ligne. Elle gère une ligne d'assistance anonyme où tout le monde peut signaler des images ou des vidéos suspectées d'abus sexuels sur mineurs, et ses analystes experts évaluent ces signalements afin de contribuer au retrait de ces contenus illégaux. Elle développe des outils avancés, tels que des listes de hachages (empreintes numériques) et des listes de blocage d'URL, pour aider les entreprises Internet à détecter, bloquer et supprimer les contenus préjudiciables. Elle collabore également avec les forces de l'ordre, les gouvernements, les ONG et les plateformes technologiques du monde entier afin de mettre un terme à la diffusion de ce matériel exploitant des enfants et d'empêcher la revictimisation de ces derniers.

The American Academy of Pediatrics

L’American Academy of Pediatrics (AAP) est la plus grande association professionnelle de pédiatres aux États-Unis. Sa mission est de promouvoir la santé physique, mentale et sociale ainsi que le bien-être de tous les nourrissons, enfants, adolescents et jeunes adultes, ce qui inclut la protection des enfants et des adolescents contre la maltraitance. L'AAP soutient les pédiatres par le biais du développement professionnel, de la recherche, de la formation et de la défense des intérêts. Elle met également l'accent sur l'équité et l'inclusion, dans le but de servir des communautés diverses et de lutter contre les inégalités systémiques en matière de santé.

Thorn

Thorn est une organisation à but non lucratif qui se consacre à la protection des enfants contre les abus et l'exploitation sexuels à l'ère numérique. Elle développe des technologies de pointe, telles que des outils d'apprentissage automatique et des systèmes de détection basés sur les hachages, qui aident les plateformes numériques à identifier et à supprimer les contenus pédopornographiques. Thorn met également au point des outils d'identification des victimes utilisés par des centaines de services de police pour localiser et secourir plus rapidement les enfants. De plus, l'organisation mène des recherches originales sur les nouvelles menaces en ligne (telles que le grooming, la sextorsion et les abus générés par l'IA) et collabore avec des entreprises technologiques, des parents et des décideurs politiques afin de créer des environnements numériques plus sûrs. Le blog de Thorn présente des témoignages de personnes victimes de sextorsion et décrit comment elles ont réagi.

La stigmatisation des abus sexuels subis dans l’enfance et comment la combattre

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La stigmatisation des abus sexuels subis dans l’enfance et comment la combattre

Je suis le maître de mon destin : Je suis le capitaine de mon âme. 

Sur votre chemin de guérison, vous pouvez rencontrer des personnes qui réagissent à vos expériences de manière inappropriée, voire blessante. Ces réactions, intentionnelles ou non, peuvent vous gêner, vous embarrasser ou vous décourager. Elles peuvent vous faire sentir jugé ou critiqué. Une réaction douloureuse lorsque vous révélez votre abus peut entraîner un recul sur votre chemin de guérison, vous amenant à vous demander si vous devriez même continuer à partager votre histoire avec d'autres.

Aussi nuisibles que puissent être certaines réactions, les stigmates liés aux abus sexuels subis dans l'enfance ne vous définissent PAS et ne déterminent pas votre parcours en tant que survivant.

Qu'est-ce que la stigmatisation et d'où vient-elle ? 

On parle de “stigmatisation” lorsqu'une personne ou un groupe de personnes attribue une connotation négative à une autre personne ou à un autre groupe de personnes, en fonction d'un ensemble de croyances, de perspectives ou de préjugés.

De nombreuses variables peuvent jouer dans l'attitude d'une personne à l'égard des abus sexuels subis dans l'enfance. Une personne peut avoir ses propres antécédents de traumatisme qu'elle n'a pas résolus, elle peut être ignorante de la manière d'intervenir correctement ou elle peut avoir été influencée par d'autres mythes culturels. Même si la réaction de quelqu'un est bien intentionnée, elle peut être malencontreuse et vous laisser découragé, voire déclenché.

Se sentir affecté par la réaction de quelqu'un à votre divulgation ou par d'autres messages dans les médias ou la culture populaire ne vous rend pas faible, instable ou impuissant. Cela ne signifie pas que vous êtes mal équipé ou que vous avez en quelque sorte régressé sur votre chemin de guérison. Le fait est que vous êtes fort, capable et résilient. Le fait que vous ayez survécu, que vous soyez ici à lire ces lignes et que vous affrontiez vos démons est la preuve de votre courage et de votre force. Vous êtes un modèle de résilience et une personne courageuse qui choisit d'affronter et de se réconcilier avec le traumatisme que vous avez subi.

Mais peu importe où vous en êtes sur votre chemin de guérison, l'ignorance des autres peut toujours être douloureuse. Vous pouvez rencontrer ce type de désinformation non seulement dans les réactions des autres, mais aussi dans les messages des médias sociaux, les reportages, les conversations publiques, les représentations des médias, etc. Ces messages blessants et déclenchants proviennent des stigmates qui entourent les abus sexuels depuis des années. Ces stigmates ont conduit à des perceptions dépassées et erronées, ou à des mythes culturels. Ces mythes culturels ("elle l'a cherché", "les passions des hommes sont incontrôlables", "les garçons ne peuvent pas être victimes d'abus sexuels") et leurs effets domino problématiques ont été abordés pour la première fois par des sociologues et des féministes dans les années 1970. En 1975, plusieurs chercheurs ont émis l'hypothèse que les mythes culturels entourant les abus sexuels servaient à justifier, à minimiser, voire à perpétuer les agressions inappropriées et les comportements toxiques1.

Ces mythes continuent d'influencer notre culture aujourd'hui. Par exemple, ils peuvent renforcer certaines barrières ou certains préjugés dans le système judiciaire qui augmentent la probabilité que les survivants ne soient pas crus ou que les auteurs restent impunis. Ces fausses informations peuvent également contribuer à une réaction ignorante ou dédaigneuse à la divulgation d'un abus sexuel, à un message malencontreux sur Facebook, à un reportage sensationnel sur de fausses allégations ou à une représentation néfaste des relations familiales dans une émission de télévision.

L'un des effets les plus néfastes des stigmates de l'abus sexuel est que les survivants ont trop peur de révéler leur abus et de chercher de l'aide, en grande partie à cause de la crainte de la réaction des autres.2 Mais si vous partagez votre histoire et votre résilience, vous donnerez de l'espoir et de l'encouragement au survivant silencieux. Grâce à votre exemple, d'autres se sentiront suffisamment en sécurité et encouragés pour rompre leur silence et demander de l'aide, quelles que soient les critiques qu'ils peuvent rencontrer.

Bien sûr, ce n'est pas parce que ces stigmates existent encore que tout le monde les accepte ou les consolide. Heureusement, grâce aux efforts des survivants, des personnes qui soutiennent les survivants, des thérapeutes, des chercheurs, des législateurs et des organisations de soutien, des progrès continuent d'être réalisés à mesure que la sensibilisation et l'éducation sur les abus sexuels augmentent.

Si les messages erronés et les opinions mal informées peuvent être blessants, il existe des moyens de les combattre tout en poursuivant votre chemin de guérison.

01

SI VOUS ÊTES DÉCLENCHÉ, UTILISEZ DES TECHNIQUES D'ANCRAGE. 

02

RECONNAÎSSEZ QUE LA RÉACTION BLESSANTE D'UNE AUTRE PERSONNE LA CONCERNE ELLE, ET NON VOUS.

03

RECHERCHEZ LE SOUTIEN ÉMOTIONNEL DES PERSONNES EN QUI VOUS AVEZ CONFIANCE.

04

TENEZ UN JOURNAL SUR CETTE EXPÉRIENCE.

05

TROUVEZ D'AUTRES PERSPECTIVES.

Si vous êtes vraiment curieux d'un certain sujet ou d'un point de vue sur l'abus sexuel, n'ayez pas peur de creuser davantage. Cherchez à obtenir plus d'informations auprès de sources fiables, comme des études ou des de recherches, des articles scientifiques ou des livres écrits par des spécialistes du domaine. Vous pouvez également en parler à votre thérapeute ou à l'animateur de votre groupe de soutien. Il peut même être utile de demander à votre thérapeute de vous parler de stigmates spécifiques afin de mieux les reconnaître et de connaître leurs répercussions. Le fait d'être conscient de certains stigmates ou mythes peut également vous aider à planifier la manière d'y intervenir lorsque vous les rencontrerez à l'avenir. Equipez-vous d'autant de connaissances que nécessaire, que ce soit pour votre propre tranquillité d'esprit, pour éduquer les autres, ou les deux.

06

PRENEZ VOS DISTANCES DES ENVIRONNEMENTS TOXIQUES.

07

RAPPELEZ-VOUS QUE VOUS ÊTES MAÎTRE DE VOTRE PROPRE HISTOIRE.

Les mots et les réactions nuisibles peuvent parfois nous blesser ou même nous déclencher. Mais ils ne nous définissent pas et n'ont pas le pouvoir de nous faire dévier de notre chemin. Peu importe les stigmates sociaux ou les opinions ignorantes qui existent, vous pouvez choisir votre propre histoire. Vous pouvez déterminer où elle va et comment vous voulez qu'elle se termine. L'écrivaine Rebecca Scritchfield compare les expériences de la vie à un voyage en voiture. "C'est vous qui conduisez la voiture. C'est vous qui décidez de la vitesse, qui contrôlez l'accélérateur et les freins, et qui choisissez les routes que vous empruntez au cours de votre voyage "3 Les suppositions, les préjugés et les idées fausses des autres peuvent vous faire dévier ou ralentir. Mais ils ne peuvent jamais faire disparaitre la route. La négativité des autres ne peut pas vous empêcher de vivre une vie d'espoir et de positivité.

Conclusion

Oui, les stigmates entourant les abus sexuels sur les enfants existent toujours. Et ils peuvent perpétuer la désinformation, les stéréotypes dépassés et les réactions malencontreuses. Mais ce qu'ils ne peuvent pas faire, c'est vous ôter votre courage, votre résilience et votre force. Aussi décourageantes que puissent être les opinions stigmatisées et erronées, elles ne peuvent pas faire taire votre voix. La stigmatisation entourant les abus sexuels est entrain de tomber et continuera à tomber, une conversation à la fois. Et vous avez le pouvoir de faire en sorte que cela se produise.

À propos de l'auteur

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Breeann Allison

Research and Program Development Strategist
Breeann a rejoint Saprea en tant que coordinatrice de l'éducation à la fin de 2018. Elle est titulaire d'une licence en littérature anglaise avec une spécialisation en édition de l'université Brigham Young. Elle travaille actuellement en tant que membre de l'équipe de recherche et de développement des programmes et coenseignante pour le webinaire Saprea consacré à la guérison. Elle est également l'auteur du manuel Retrouver l'espoir de Saprea et co-auteur de Pourquoi je me sens toujours comme ça : Changer votre relation avec le traumatisme de l'abus sexuel subi dans l'enfance. Elle travaille dans l'édition depuis sept ans, d'abord comme développeur de programmes d'études chez Gibbs Smith Education, puis comme rédactrice chez FranklinCovey. À côté de cela, elle aime écrire de la fiction, gâter ses nièces et neveux et défendre le caractère sacré de la virgule d'Oxford.

Harcèlement sexuel en ligne

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Harcèlement sexuel en ligne

Ava n'arrive pas à croire que parmi toutes les filles de l'école, Drew veuille sortir avec elle, une élève de cinquième au visage boutonneux qui a le béguin pour lui depuis la première fois qu’ils ont joué au loup. Ava n'a jamais eu de petit ami auparavant, alors quand Drew lui envoie une photo de lui nu et lui demande d'en avoir une en retour, elle en rit et envoie un emoji suggestif à la place. Mais lorsque Drew commence à la taquiner en lui disant qu'elle est "trop coincée" et pas aussi amusante que les autres filles avec lesquelles il est sorti, Ava finit par céder et envoie la photo. Elle ne se sent pas bien, mais elle ne veut pas que Drew la laisse tomber parce qu'elle est trop ennuyeuse. Et de toute façon, elle porte toujours son soutien-gorge et ses sous-vêtements sur la photo, donc ce n'est pas si grave. Et ok, elle lèche peut-être une glace sur la photo, mais c'est juste une blague, comme l'emoji.

Une semaine plus tard, Ava découvre que Drew a partagé sa photo avec quelques amis de son équipe de football. Quelques jours plus tard, la petite amie de l'un des joueurs crée un faux compte pour Ava sur les réseaux sociaux, en utilisant la photo dénudée en tant que photo de profil. De nombreux camarades de classe laissent des commentaires sur son profil à propos de son corps, de son besoin d'attention et de son comportement louche. Certains partagent même des photos de camarades de classe qu'ils jugent plus attirantes qu'Ava et encouragent les autres à voter pour ou contre chaque photo.

Horrifiée, Ava ne sait pas quoi faire. Elle ne veut pas en parler aux adultes de sa vie, surtout pas à ses parents. Ils ne la regarderaient probablement plus jamais de la même façon. Ils pourraient même lui confisquer son téléphone, qui est le seul lien d'Ava avec les quelques amis qu'elle a encore. Et puis, n'est-ce pas sa faute pour avoir envoyé la photo à Drew ? C'est probablement ce que dirait la police.

Ava commence à se demander si ce harcèlement et ces humiliations ne sont pas exactement ce qu'elle mérite. Honteuse et abbatue, elle décide de n'en parler à personne. Au lieu de cela, elle fait semblant d'être malade pour éviter de voir ses camarades de classe à l'école. Et quand Drew lui demande de lui envoyer une autre photo - cette fois-ci entièrement nue - elle le fait. Parce qu'honnêtement, après tout, c'est un miracle qu'il veuille encore être en contacte avec elle.

La technologie et les jeunes aujourd'hui  

La technologie et les médias sociaux font désormais partie intégrante de la vie quotidienne dans le monde entier. L'accès aux smartphones, aux ordinateurs portables, aux tablettes et aux autres appareils Internet est généralisé et joue un rôle central dans l'éducation, le divertissement, l'emploi et le lien social. C'est particulièrement le cas pour les enfants et les adolescents. En fait, on estime qu'un enfant sur trois dans le monde est déjà un utilisateur d'internet.1 Aux États-Unis, 95 % des adolescents déclarent posséder un smartphone ou y avoir accès. De plus, 45 % des adolescents déclarent être en ligne de façon quasi permanente.2

Cet accès généralisé a offert aux jeunes des possibilités passionnantes de réussite scolaire, de découverte de soi, d'expression personnelle et de connexion sociale. Les adolescents attribuent à la technologie, en particulier aux médias sociaux, le mérite d'avoir amélioré leur capacité à : 3

  • Renforcer leurs amitiés.
  • Interagir avec des voix et des points de vue différents.
  • Sensibiliser aux causes qui leur tiennent à cœur.
  • Recevoir du soutien dans les moments difficiles.
  • Se sentir plus proches des personnes qui font partie de leur vie.

Beaucoup estiment également que la technologie numérique offre un espace sûr pour rencontrer et interagir avec d'autres personnes ayant des intérêts, des activités et des antécédents similaires.3 C'est particulièrement le cas pour les jeunes qui s'identifient comme LGBTQ+ et qui cherchent à nouer des liens sociaux et romantiques.4 Les médias et la technologie numériques peuvent également fournir aux jeunes des informations et une éducation en matière de santé et de développement sexuels qui n'auraient pas été disponibles autrement, en particulier parmi les populations à faible revenu.5

Outre ces innombrables avantages, l'accès accru aux dispositifs Internet présente également de nouveaux risques pour les jeunes. L'un de ces risques est le harcèlement sexuel en ligne, comme celui dont Ava a fait l'expérience.

 

Définition du harcèlement sexuel en ligne 

Le harcèlement sexuel en ligne est l'armement de contenus sexuels - tels que des images, des vidéos ou des publications - pour harceler, exploiter, humilier, angoisser, contraindre ou menacer. Il peut inclure toute une série de comportements sexuels non désirés et peut se produire sur n'importe quelle plateforme numérique, bien qu'il soit particulièrement répandu sur les applications et les plateformes qui contiennent des livestreams non surveillés, des contenus partagés et des messages directs (Facebook, Instagram, Snapchat, YouTube).6

Les victimes de harcèlement sexuel en ligne éprouvent souvent des sentiments d'isolement, de peur, de honte, de blessure et d'exclusion. Malheureusement, il peut être difficile d'échapper à ces sentiments, même dans l'intimité d'une chambre ou d'autres espaces personnels, en raison de la nature intrusive et omniprésente de la communication en ligne.

Bien qu'il englobe un large éventail de comportements, le harcèlement sexuel en ligne peut être divisé en quatre catégories principales :6

  • Partage non consensuel d'images et de vidéos intimes
  • Exploitation, coercition et menaces
  • Intimidation sexualisée 
  • Sexualisation non désirée

Partage non consensuel d'images et de vidéos  

Au cœur de ce type de harcèlement en ligne se trouve la tendance croissante du sexting. Le sexting est la création et le partage de contenus autogénérés, notamment des images, des vidéos ou des textes à caractère sexuel.7 Il peut s'agir de contenus explicites, tels que des photos ou des vidéos d'actes sexuels, de nudité partielle, de poses érotiques et d'autres formes de suggestions sexuelles.

Pour de nombreux jeunes, le sexting est considéré comme un moyen de flirter, d'exciter, d'expérimenter et d'explorer les relations et les identités sexuelles. Et pourtant, même dans le contexte d'une interaction "consensuelle" entre deux adolescents, la légitimité de ce consentement reste sujette à débat. Les filles, en particulier, sont plus susceptibles de se sentir contraintes ou forcées à sexter avec un pair en raison des normes et des attentes liées au genre. Les pressions liées aux sextos sont également courantes chez les jeunes LGBTQ+, qui dépendent souvent davantage des interactions en ligne pour explorer leur sexualité.8

Cependant, même si une image sexuée est partagée lors d'une interaction consensuelle (ou perçue comme telle) entre deux personnes, cette image peut être transmise à d'autres personnes sans le consentement de l'expéditeur. C'est ce qu'on appelle le partage non consensuel d'images ou l'abus sexuel par l'image.

Mais pourquoi un adolescent s'engagerait-il dans un tel abus ? L'une des raisons peut être l'obtention d'une approbation ou d'un statut auprès de ses pairs.4 Il peut être motivé par le désir de faire des commérages, de se sentir plus inclus et de participer davantage à la conversation en ligne.9 Les adolescents, en particulier, ont déclaré que la raison pour laquelle ils participaient à des abus sexuels basés sur des images était d'impressionner leurs amis, de prouver leur masculinité et de démontrer leurs prouesses sexuelles.10

Quel que soit l'âge ou le sexe, il n'est pas rare que les jeunes aient une attitude nonchalante à l'égard des abus sexuels basés sur l'image. Par exemple, dans une étude, près d'un quart des adolescents ont déclaré qu'ils avaient transféré une image sexuelle pour plaisanter. Et dans un échantillon d'adolescents qui avaient reçu une image transférée, 72 % ont déclaré n'avoir rien fait. 8

Un autre motif courant derrière les abus sexuels basés sur des images est la "vengeance pornographique", ou le désir de se venger d'un ex après la fin d'une relation.11 Cependant, le partage non consensuel d'images ne se produit pas seulement entre partenaires romantiques et ex. Il peut être perpétré par un camarade de classe, un ami, une connaissance ou un étranger, et peut être motivé par un désir de nuire, de manipuler, de harceler ou d'intimider.

Exploitation, coercition et menaces  

Ces motifs sont également courants dans la deuxième catégorie de harcèlement sexuel en ligne, qui implique l'exploitation, la coercition et les menaces. Dans cette catégorie, des comportements tels que l'abus sexuel basé sur l'image peuvent également être utilisés comme une forme de chantage, dans lequel la victime est forcée de faire quelque chose pour empêcher que son activité sexuelle documentée (réelle ou fausse) ne soit exposée. Cette tactique d'exploitation est un exemple d'extorsion sexuelle (ou sextorsion).11Dans ce cas, la victime peut être contrainte de participer à des comportements sexuels, comme la création et le partage de contenus sexuels supplémentaires.

Par exemple, un adolescent peut se sentir contraint ou menacé de partager une photo de nu si la personne qui le harcèle possède déjà des informations ou des contenus privés que la victime ne veut pas voir divulgués. Il peut s'agir de détails sur la sexualité ou les expériences sexuelles passées de la victime, d'une image de nu déjà existante ou d'une capture d'écran d'une conversation sexuelle. Dans le scénario d'Ava, elle envoie une autre photo à Drew parce qu'elle craint qu'il ne divulgue d'autres parties de leurs conversations privées si elle n'obtempère pas.

Dans d'autres cas, la victime peut être contrainte d'effectuer des paiements ou de rendre des services spécifiques pour apaiser le maître chanteur. Elle peut également faire face à des menaces en plus de la divulgation de contenus privés, comme la menace d'être piratée, de devenir victime de doxing (dans laquelle les coordonnées sont rendues publiques) ou agressée sexuellement (en personne ou en ligne).

Intimidation sexualisée  

Alors que l'extorsion est utilisée pour contraindre quelqu'un à faire quelque chose de précis sous la contrainte, l'intimidation sexualisée peut englober un éventail beaucoup plus large de comportements et de motivations. Ce type de harcèlement implique l'utilisation de contenus sexuels pour humilier, dégrader, déshumaniser et/ou discriminer une personne. Cela peut aller du simple fait de "liker" ou de commenter une publication au partage d'un contenu qui encourage le harcèlement et l'intimidation.

Souvent, les harcèlements sexualisés impliquent de l'agressivité et de l'hostilité, et peuvent être motivées par le désir de nuire, de se venger, de se venger d'un harcèlement antérieur, ou d'exclure d'autres personnes d'un groupe plus large.7 C'est notamment le cas de situations impliquant un "discours de haine", ou l'utilisation d'un langage sexuel discriminatoire à l'égard des membres de groupes raciaux ou sexuels minoritaires. Il peut également s'agir de cyberharcèlement, de la diffusion de rumeurs en ligne sur le comportement sexuel d'une personne, de la création d'un faux profil pour se faire passer pour quelqu'un d'autre ou de la révélation de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre d'une personne sans son consentement6.

Si les vengeances personnelles sont souvent à l'origine de ce type de comportement, l'intimidation sexualisée peut également résulter d'une blague qui va trop loin ou du franchissement d'une limite dans le but d'impressionner, d'amuser ou de se faire accepter par ses pairs. Étant donné que les plaisanteries sexuelles sont au cœur de nombreux flirts, interactions et autres expériences de rapprochement entre jeunes, il peut être difficile pour ces derniers de faire la différence entre des plaisanteries amusantes et un harcèlement préjudiciable.6 C'est particulièrement le cas lorsque la dynamique de clique entre en jeu et qu'un jeune se sent obligé de plaire ou de divertir le grand groupe. Dans ce cas, les adolescents peuvent également être encouragés par ce que l'on appelle "l'effet de désinhibition en ligne", qui fait référence aux comportements que les gens adoptent en ligne et qu'ils ne feraient jamais en personne.

Sexualisation non désirée  

Ce manque d'inhibition peut également contribuer à la quatrième catégorie de harcèlement sexuel en ligne - la sexualisation non désirée, qui consiste à envoyer à quelqu'un un contenu sexuel indésirable en ligne. Ce contenu peut être un commentaire sexuel posté sur la photo d'une personne. Il peut aussi s'agir d'une image, d'un emoji, d'un message, d'une blague ou d'une demande à caractère sexuel. Cela peut se produire dans un espace privé, comme une avance non désirée dans un message direct, ou dans un espace public, comme dans un chat de groupe ou sur le profil d'un média social.

Ce type de sexualisation peut également impliquer le partage de contenus concernant la victime avec d'autres personnes dans l'intention de la sexualiser ou de l'objectiver. Il peut s'agir, par exemple, de modifier l'image d'une personne pour lui donner un aspect plus sexuel, puis de publier cette image dans un espace public. Il peut également s'agir de publier l'image d'une personne et de faire des commentaires sexuels sur cette image et/ou d'inciter les autres à évaluer l'attractivité de la personne. Les filles courent un risque particulièrement élevé de subir ce type de harcèlement en ligne, qui renforce souvent les stéréotypes, les droits et les attentes liés au genre6.

Tout comme l'intimidation sexualisée peut être le résultat d'une blague qui va trop loin, la sexualisation non désirée peut résulter de tentatives malencontreuses de complimenter, de flatter ou de flirter. Malgré ces intentions, la sexualisation non désirée donne à l'autre personne le sentiment d'être rabaissée, embarrassée, violée ou réduite à l'état d'objet, et démontre un manque de compréhension des limites, des préférences et des sentiments personnels de l'autre personne. Elle peut également être due à la normalisation de ces comportements, qui entraîne un manque de sérieux ou de compréhension quant à l'impact de la sexualisation non désirée, ainsi que d'autres types de harcèlement sexuel en ligne, sur la victime.12

Impacts du harcèlement sexuel en ligne 

De tels impacts peuvent toucher de nombreux domaines de la vie d'un jeune. Sur le plan juridique, un adolescent qui sexte une image qu'il a lui-même générée pourrait être accusé de distribution de "pornographie enfantine". Les autres personnes impliquées, comme celles qui ont reçu ou transmis les images, peuvent également être poursuivies. En fait, aux États-Unis, dans certains États, un adolescent qui a envoyé un message sexuel peut être accusé à la fois comme délinquant et comme victime. Outre les répercussions juridiques, les jeunes dont les images sexuelles ou les informations sensibles ont été exposées risquent également d'être exclus des possibilités d'emploi et d'éducation.5

Sur un plan plus personnel, le harcèlement sexuel en ligne peut avoir de graves répercussions sur le bien-être mental et émotionnel d'un jeune. Les victimes sont souvent confrontées à des sentiments de honte, d'impuissance et de regret, parfois au point de ne plus vouloir aller à l'école et affronter leurs camarades, comme ce fut le cas pour Ava.9 Leur humiliation peut être amplifiée par le fait que, dans les cas de contenu partagé de manière non consensuelle, l'expéditeur de l'image est souvent blâmé, plutôt que la personne qui l'a partagée.6 Par conséquent, les victimes peuvent être confrontées à une dépression accrue, à l'anxiété, à l'automutilation, à l'intimidation et au harcèlement en face à face, et à d'autres formes de victimisation, en ligne et hors ligne. Cela est particulièrement vrai pour les filles, qui subissent généralement plus de conséquences négatives du sexting que les garçons.10

Chacune de ces conséquences peut refaire surface ou s'accentuer si le contenu est à nouveau partagé en ligne ultérieurement, entraînant une revictimisation.6

Et pourtant, malgré ces conséquences, les jeunes ont souvent trop peur pour signaler qu'ils sont victimes de harcèlement sexuel en ligne. Beaucoup sont trop gênés pour demander de l'aide ou craignent que le fait de signaler le harcèlement ne fasse qu'accroître leur vulnérabilité.6 Ils craignent également d'être blâmés pour le harcèlement qu'ils ont subi et que les adultes réagissent en limitant ou en supprimant complètement leur accès aux dispositifs Internet. Ces mesures seront non seulement perçues par la victime comme une punition (et donc une confirmation qu'elle est à blâmer), mais elles la couperont de son principal moyen de connexion sociale à un moment où elle se sent déjà vulnérable et exclue.13

Que puis-je faire contre le harcèlement sexuel en ligne ?  

Étant donné que le paysage numérique est devenu une partie si essentielle du monde d'aujourd'hui, les parents peuvent chercher à mieux comprendre les connexions, les expériences et les interactions que leurs enfants ont en ligne. Ils peuvent également discuter avec leurs enfants de la manière de naviguer en toute sécurité dans ce paysage numérique, ainsi que des risques et responsabilités liés à l'empreinte numérique. Par exemple, les enfants peuvent penser qu'ils sont l'exception à la règle et que les risques liés au partage d'informations et de photos intimes ne les concernent pas. Ils peuvent aussi avoir un faux sentiment d'invincibilité, en particulier avec des applications comme Snapchat, où l'on suppose que tout ce qui est partagé avec d'autres sera immédiatement effacé sans que quelqu'un ne prenne une capture d'écran.

En plus de discuter des risques, les parents peuvent encourager des conversations continues et ouvertes avec leurs enfants sur les comportements et les relations saines, tant en ligne que hors ligne. Il peut s'agir de sujets tels que la pression des pairs, les limites, les principes du consentement, les stéréotypes de genre, la communication saine, le développement sexuel , la permanence du contenu en ligne et ce qui constitue un harcèlement. Il peut être particulièrement utile de parler avec les enfants des conséquences à long terme que le harcèlement sexuel - en ligne ou autre - peut avoir sur les autres.

Les parents peuvent envisager d'imaginer différents scénarios et demander à leurs enfants comment ils réagiraient dans chaque situation, ainsi que ce que ressentiraient les autres personnes impliquées dans le scénario. Les recherches suggèrent que ce type de jeu de rôle peut s'avérer plus efficace que l'énumération des règles et des conséquences.6 Par ailleurs, étant donné l'imbrication de la technologie dans d'autres domaines de la vie quotidienne, les parents peuvent également envisager la sécurité numérique et la sécurité générale comme une seule et même chose. Par exemple, les parents peuvent intégrer les aspects numériques des relations - tels que les textos et l'échange d'images - dans toute conversation qu'ils ont avec leurs adolescents sur la romance, les rencontres et l'éducation sexuelle.

Dans les cas où un enfant ou un adolescent a déjà été victime de harcèlement sexuel (en ligne ou hors ligne), il est essentiel que les parents réagissent avec compréhension, compassion et soutien, plutôt qu'avec honte ou jugement. Le fait de restreindre ou de réduire l'accès du jeune aux dispositifs Internet ne fera pas que renforcer le blâme, mais réduira considérablement les chances que le jeune vienne demander de l'aide au parent dans des situations futures. Les parents doivent plutôt chercher à comprendre ce que l'enfant a vécu et les particularités de la situation.6 Grâce à cette ouverture et à cette empathie, les parents peuvent mieux réagir au harcèlement sexuel en ligne, prévenir les incidents futurs et donner à leurs enfants les moyens de se confier à eux lorsque quelque chose se produit.

Voici quelques autres façons dont les parents peuvent contribuer à renforcer la sécurité numérique de leur enfant :

  • Enseigner à l'enfant les caractéristiques fondamentales des relations saines, telles que le respect, le consentement, l'authenticité et l'honnêteté. Il s'agirait notamment d'expliquer aux jeunes, en particulier aux garçons hétérosexuels, l'importance de supprimer les photos d'une ex par respect et pour éliminer toute tentation ou pression de partager ces photos avec d'autres.
  • Expliquer à l'enfant comment le sexting peut perturber une relation saine, en particulier lorsque la dynamique du pouvoir, les pressions sociales et les stéréotypes de genre entrent en jeu.
  • S'informer sur les comportements en ligne à risque et expliquer à l'enfant comment ces comportements peuvent nuire à toutes les personnes concernées. 
  • Adopter des habitudes saines en matière d'utilisation des médias sociaux et de temps d'écran.
  • Répondre aux questions, préoccupations et curiosités de l'enfant concernant les interactions et les comportements en ligne.
  • Assurer à l'enfant que sa sécurité et son bien-être sont ce qui compte le plus, avant sa réputation.

Si les parents abordent de manière proactive les limites, la communication et le consentement sains - en ligne et hors ligne - et en donnent l'exemple, les enfants et les adolescents seront mieux préparés à se connecter aux autres de manière saine et à devenir des internautes sûrs et responsables à l'ère numérique.

Pour plus d'informations sur la sécurité numérique et sur la manière de mieux préparer votre enfant aux risques qu'il rencontrera en ligne, visitez les sites Thorn.orgAmaze.orgNoFiltr.org, and CommonSense Education. Par ailleurs, si vous ou l'une de vos connaissances avez subi des abus sexuels dans l’enfance, vous trouverez ici des informations sur les ressources de guérison de Saprea.

À propos de l'auteur

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Breeann Allison

Research and Program Development Strategist
Breeann a rejoint Saprea en tant que coordinatrice de l'éducation à la fin de 2018. Elle est titulaire d'une licence en littérature anglaise avec une spécialisation en édition de l'université Brigham Young. Elle travaille actuellement en tant que membre de l'équipe de recherche et de développement des programmes et coenseignante pour le webinaire Saprea consacré à la guérison. Elle est également l'auteur du manuel Retrouver l'espoir de Saprea et co-auteur de Pourquoi je me sens toujours comme ça : Changer votre relation avec le traumatisme de l'abus sexuel subi dans l'enfance. Elle travaille dans l'édition depuis sept ans, d'abord comme développeur de programmes d'études chez Gibbs Smith Education, puis comme rédactrice chez FranklinCovey. À côté de cela, elle aime écrire de la fiction, gâter ses nièces et neveux et défendre le caractère sacré de la virgule d'Oxford.

Comment Prévenir les Abus Sexuels sur Mineurs sans être Parent

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Comment Prévenir les Abus Sexuels sur Mineurs sans être Parent

Cléo était en pause déjeuner lorsqu’elle a entendu une statistique effrayante : Selon une étude publiée par le CDC – Centre pour le contrôle et la prévention des maladies, aux États-Unis, 1 fille sur 4 et 1 garçon sur 10 sont victimes d’abus sexuels avant l’âge de 18 ans.1

Ces chiffres ont eu l'effet d'un coup de poing dans son estomac. Comment pouvons-nous vivre dans un monde où des choses aussi horribles se produisent ? s’est-elle dit. Elle se demandait si les parents pouvaient être plus proactifs pour protéger leurs enfants. Elle se demandait si les enfants seraient capables de reconnaître un comportement inapproprié de la part d’adultes ou d’autres enfants. Elle se demandait si les personnes qui veulent protéger les enfants sont plus nombreuses que celles qui cherchent à leur faire du mal.

Cleo n’a pas réalisé qu’elle pourrait être l’une de ces personnes, un défenseur de l’innocence. Elle n’est pas mère. Elle n’est pas enseignante. Elle n’a pas un travail qui implique de travailler avec des enfants. En fait, elle ne voit pas souvent des enfants dans sa vie de tous les jours. Alors comment Cléo, qui n’a pratiquement pas de contact avec les enfants, peut-elle protéger et défendre les enfants contre les abus sexuels ?  Cléo s’est rendu compte qu’elle avait des liens dans sa vie avec les enfants. Elle n’avait pas d’enfants à elle, mais elle avait deux nièces et trois neveux. Elle ne travaillait pas directement avec des enfants à son travail, mais trois de ses collègues étaient des parents. Il y avait aussi plusieurs familles dans son quartier avec de jeunes enfants. Elle connaissait vaguement les parents et voyait de temps en temps leurs enfants jouer dans les cours voisines.

Cléo a réalisé que chacun de ces enfants dans sa vie courait un certain degré de risque. Chacun de ces enfants, même s’ils semblaient en bonne santé et heureux, avait besoin d’être défendu contre les abus sexuels. Cette découverte a donné à Cléo un sens accru de responsabilités et une plus grande conscience de son rôle dans la communauté.

Chaque enfant que vous croisez dans le couloir a une histoire qui a besoin d’être entendue. Peut-être êtes-vous la personne qui doit l’entendre.
Bethany Hill, directrice adjointe de l’Arkansas

Pourquoi vous devriez vous en préoccuper 

Même si vous pensez que la question des abus sexuels sur mineurs ne vous touchera jamais personnellement, elle affecte la société dans laquelle vous vivez et touche probablement quelqu’un que vous connaissez. 

Les abus sexuels sur les enfants peuvent avoir des effets durables sur les survivants lorsqu’ils atteignent l’âge adulte. Ces effets néfastes peuvent affecter non seulement le survivant mais aussi son entourage, qu’il s’agisse de ses enfants, des membres de sa famille, de ses collègues de travail, de son partenaire ou même de sa relation avec vous. Sans une aide et une guérison appropriées, le traumatisme peut se transmettre à la génération suivante. Les agresseurs continuent de prospérer grâce à la tendance de la société à fermer les yeux. Les notions de respect, de consentement et de limites sont souvent mal comprises ou mal abordées. Les systèmes juridiques peuvent laisser tomber les personnes concernées, en refusant d’écouter ou en ne prenant pas les mesures appropriées. En fin de compte, les abus sexuels sur mineurs ne touchent pas seulement des enfants que vous ne connaîtrez ou ne rencontrerez jamais. Ils affectent la santé et la stabilité de notre société dans son ensemble. 

Cependant, vous avez la possibilité de faire la différence. Comme Cléo, votre sphère d’influence est peut-être plus grande que vous ne le pensez. Vous n’avez peut-être pas d’enfants dans votre vie, mais vous avez quand même le pouvoir de protéger les personnes les plus vulnérables. 

Alors, comment pouvez-vous aider? 

Vous êtes peut-être étudiant ou retraité. Vous êtes peut-être un oncle, une tante, un cousin, une sœur ou un frère. Vous êtes peut-être un voisin, un enseignant, un entraîneur, un bénévole, un responsable communautaire ou un faites partie d'une paroisse. Quelle que soit votre situation ou votre stade de vie, une chose reste la même : votre capacité à faire la différence. Voici cinq façons dont vous pouvez contribuer à défendre l’innocence et à prévenir les abus sexuels sur les enfants.  

01

PRENDRE CONSCIENCE 

Plus vous en saurez, plus vous aurez d’influence sur la sensibilisation, la prévention ou l’entrave à la perpétration, le soutien aux enfants à risque, l’encouragement à la guérison, l’amélioration du système juridique et la protection des survivants contre la revictimisation. Vous pouvez prendre l’initiative de vous informer sur des sujets tels que les signes avant-coureurs, les schémas de conditionnement et les endroits un agresseur est susceptible de passer à l’action. Il ne s’agit pas d’accroître votre paranoïa ou votre méfiance, mais d’affiner votre intuition. En étant mieux informé, vous saurez à quoi vous attendre, quand un enfant peut avoir besoin d’aide et ce que vous pouvez faire pour l’aider. Nous disposons de nombreuxarticles de blog et de ressourceséducatives qui constituent un excellent point de départ pour l’auto-éducation. Pour en savoir plus sur les effets à long terme des traumatismes de l’enfance, vous pouvez consulter notre organisation sœur, The Younique Foundation, ou cesite d’information du CDC. 

02

Être VIGILANT 

Être bien informé vous aidera à prendre conscience de ce qui se passe autour de vous. Vous pouvez être vigilant lorsque vous assistez à des réunions de famille, des fêtes locales, des événements sportifs et d’autres activités publiques auxquelles participent des enfants. Cela ne signifie pas que vous devez continuellement chercher à accuser les autres de comportements suspects. Mais si des signaux d’alarme que vous avez appris à connaître apparaissent à la vue de tous, vous pouvez être la personne à en tenir compte. Si vousvoyez quelque chose, agissez. Ne détournez pas le regard. Cela peut être plus facile à dire qu’à faire. Il est parfois plus confortable de rester silencieux, même si nous sommes témoins de quelque chose de terrible, et de supposer que quelqu’un d’autre prendra les mesures nécessaires. Cette hypothèse, connue sous le nom d’effet spectateur, conduit à ce que personnen’agisse, même si le besoin est pressant. Il est essentiel de dépasser cette mentalité ; soyez un instigateur, pas un spectateur. Si vous le jugez nécessaire, prenez les parents à part ou adressez-vous aux autorités locales compétentes pour leur faire part de vos préoccupations. 

03

PASSEr LE MOT 

Soyez prêt à parler ouvertement de l’abus sexuel des mineurs comme d’un sujet important, plutôt que de le traiter comme un sujet tabou. Une fois que vous vous sentirez à l’aise avec vos connaissances sur le sujet, vous pourrez égalementenseigner à des groupes de votre communauté des sujets tels qu’une sexualité saine, le consentement et la prévention des abus. Cela peut faire peur d’entamer une conversation sur un sujet aussi sensible, surtout avec des personnes que vous ne connaissez pas très bien. Mais lorsque les autres voient à quel point vous êtes à l’aise pour entamer ce dialogue, ils seront peut-être disposés à vous imiter et à s’ouvrir eux aussi. Ils ont peut-être des informations ou des expériences importantes à partager. 

04

FAIRE UN DON OU FAIRE DU BÉNÉVOLAT 

Même quelqueseurospeuvent faire une grande différence. Il existe d’autres façons de faire un don que de cliquer sur un bouton sur notre site. Peut-être qu’à l’occasion de votre anniversaire ou d’autres fêtes, plutôt que de recevoir des cadeaux, vous demandez aux gens d’envoyer des dons en votre honneur. Si cette option vous intéresse, rendez-vous ici pour en savoir plus. Ou peut-être préférez-vous acheter des produits, ou organiser unecollecte de fonds dans votre communauté, comme une course à pied ou une vente de pâtisseries. Vous pouvez également offrir quelque chose d’encore plus précieux que votre argent : votre temps. Devenez bénévole dans votre communauté ou en ligne. Il existe de nombreuses possibilités de servir, de sorte que vous pouvez en trouver une adaptée à votre type de personnalité et à votre expérience. Vous pouvez participer à des campagnes,sensibiliser les gens par le biais des médias sociaux, donner des cours dans votre communauté et organiserdes événements. Ces options et d’autres encore sont disponiblesici. 

05

Être UN EXEMPLE POSITIF 

Vous souvenez-vous d’adultes qui ont eu un impact positif sur votre enfance? Des adultes qui n’étaient pas vos parents, mais que vous admiriez et autour desquels vous vous sentiez en sécurité ? En 2018, une équipe de chercheurs a analysé l’impact des expériences positives vécues au début de la vie chez les adultes qui avaient enduré une enfance difficile. Dans cette étude, les participants devaient répondre à une série de questions, notamment: 2 
  • Aviez-vous au moins un professeur qui se souciait de vous ? 
  • Aviez-vous de bons voisins ? 
  • Y avait-il un adulte (autre qu’un parent/responsable) qui pouvait vous apporter du soutien ou des conseils ? 
D’après les résultats de l’étude, les enfants ayant des liens sains avec leur communauté – y compris des influences adultes positives qui n’étaient pas leurs parents – ont plus de chances de développer leur résilience face à l’adversité. En tant qu’adulte, vous pouvez être cette influence positive pour un enfant. Si vous avez actuellement des relations significatives avec des enfants, encouragez une communication ouverte avec eux. Faites-leur savoir qu’ils peuvent se confier à vous en tant qu’adulte digne de confiance et que vous les écouterez sans les juger. Cet exemple d’ouverture et de respect peut également s’étendre aux familles et aux personnes qui s’occupent d’enfants. Par vos actions, soulignez l’importance de la sensibilisation et de la prévention. Assurez-vous que les espaces que vous fréquentez ou créez sont sans danger. Établissez et respectez des limites appropriées, non seulement envers les enfants, mais aussi envers les adultes. Si vous découvrez qu’un enfant de votre entourage a été maltraité, offrez-lui, ainsi qu’à sa famille, le soutien que vous pouvez lui apporter. 
Quelle que soit vos circonstances ou le stade de votre vie, vous pouvez être un allié de poidspour protéger les enfants contre les abus sexuels et donner aux familles les moyens d’apprendre à les prévenir. Grâce à votre prise de conscience, à votre vigilance et à votre volonté de parler des abus sexuels envers les enfants, le monde devient un peu plus sûr pour les enfants qui vous entourent. Vous pensez peut-être que vous n’êtes qu’une seule personne, mais parfois la plus grande différence dans la vie d’un enfant est due à un seul individu. Ne sous-estimez jamais l’impact que vous avez sur une autre personne. 

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Breeann Allison

Research and Program Development Strategist
Breeann a rejoint Saprea en tant que coordinatrice de l'éducation à la fin de 2018. Elle est titulaire d'une licence en littérature anglaise avec une spécialisation en édition de l'université Brigham Young. Elle travaille actuellement en tant que membre de l'équipe de recherche et de développement des programmes et coenseignante pour le webinaire Saprea consacré à la guérison. Elle est également l'auteur du manuel Retrouver l'espoir de Saprea et co-auteur de Pourquoi je me sens toujours comme ça : Changer votre relation avec le traumatisme de l'abus sexuel subi dans l'enfance. Elle travaille dans l'édition depuis sept ans, d'abord comme développeur de programmes d'études chez Gibbs Smith Education, puis comme rédactrice chez FranklinCovey. À côté de cela, elle aime écrire de la fiction, gâter ses nièces et neveux et défendre le caractère sacré de la virgule d'Oxford.