Comprendre les abus sexuels entre enfants, également appelés ASEE (abus sexuels entre enfants), peut sembler insurmontable, surtout si vous cherchez des réponses dans un moment difficile. Cette page a pour but de vous aider à aborder ce sujet étape par étape : de la compréhension de ce que sont les abus sexuels entre enfants à la manière de réagir, en passant par l’accompagnement vers la guérison et la prévention de nouveaux préjudices.
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QUE SONT LES ABUS SEXUELS ENTRE ENFANTS ?
IMPACT ET POURQUOI C'EST IMPORTANT
QU'EST-CE QUI CONTRIBUE AUX ABUS SEXUELS ENTRE ENFANTS ?
PRÉVENTION : COMMENT LES FAMILLES PEUVENT APPORTER LEUR AIDE
Que sont les abus sexuels entre enfants ?
Beaucoup de gens pensent que tous les abus sexuels sur mineurs sont commis par des adultes ; pourtant, des études montrent que dans plus de la moitié des cas signalés, l’auteur des faits était lui-même un enfant. Chez les adolescents en particulier, ce chiffre grimpe à 73 %.1 Ce n’est pas une statistique agréable à entendre, mais comprendre cette réalité peut aider les familles à prévenir les abus, à reconnaître les signes avant-coureurs et à réagir efficacement lorsque cela se produit.
Les abus sexuels entre enfants se produisent lorsqu’un mineur force ou fait pression sur un autre pour qu’il se livre à une activité sexuelle, que ce soit physiquement ou en ligne. Cela peut inclure des attouchements non désirés, de la coercition, des menaces ou le partage d’images à caractère sexuel sans consentement. Ces abus se distinguent de la curiosité normale de l’enfance, car ils comportent un élément de contrainte, de manipulation ou d’exploitation des différences d’âge, de taille ou de pouvoir situationnel.11,13,14 Les dommages causés par les abus sexuels sont réels et durables.2 Les victimes de ce type d'abus sont souvent confrontées à des problèmes de santé mentale, à des difficultés relationnelles et à des symptômes traumatiques qui peuvent persister pendant des années, voire des décennies.2,3
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Qui sont les personnes les plus exposées et pourquoi les enfants n’en parlent-ils pas ?
Si tout enfant peut être victime d’abus sexuels entre mineurs, les filles sont touchées de manière disproportionnée. Dans les cas impliquant des frères et sœurs, 60 à 80 % des victimes sont des filles.5,7 Des études montrent que les garçons sont responsables de 88 % des agressions sexuelles commises à l’encontre d’adolescentes.1 Ces abus peuvent survenir dans le cadre de relations amoureuses ou en dehors de celles-ci.
Les enfants victimes d’abus sexuels commis par un autre mineur sont bien moins susceptibles d’en parler à quelqu’un que ceux qui ont été agressés par des adultes. Dans une étude, cinq jeunes sur six n’avaient jamais révélé les abus subis de la part d’un pair.6 Lorsque des frères et sœurs sont impliqués, la révélation peut être encore plus tardive. Certains survivants n’en parlent à personne pendant 20 ans ou plus.5
Les enfants victimes d’abus peuvent choisir de garder le silence pour de nombreuses raisons : la honte, la crainte de ne pas être crus, la peur de briser leur famille ou la conviction que le fait de signaler les faits ne changera rien.8 Et lorsque c’est un frère ou une sœur qui a causé du tort, les enfants peuvent se sentir responsables ou vouloir protéger leurs parents de la détresse.5,9
Il y a un autre obstacle à la dénonciation par les enfants des abus sexuels entre enfants. Des recherches suggèrent que les parents sont plus enclins à croire et à signaler les cas d’abus sexuels lorsqu’un adulte en est responsable plutôt qu’un autre mineur.7 Les parents peuvent également craindre de briser leur famille, redouter les conséquences d’une intervention des autorités, ou avoir du mal à admettre qu’un enfant a fait du mal à un autre.10
Comprendre l'impact des abus sexuels entre enfants
Les parents de Mathilde (le nom a été changé) ont remarqué qu’elle s’était renfermée sur elle-même, que ses notes baissaient et qu’elle ne voulait plus aller aux réunions de famille. Il a fallu des mois avant qu’elle ne révèle enfin que son cousin aîné la poussait à envoyer des photos explicites et lui faisait des avances non désirées lorsque la famille se réunissait. Elle avait honte et craignait que ses parents lui en veulent ou se disputent.
Des histoires comme celle de Mathilde sont plus courantes que beaucoup ne le pensent — et souvent mal comprises. Certains peuvent considérer ces situations comme « des jeux d’enfants », mais un comportement sexuel préjudiciable n’est pas la même chose que la curiosité normale de l’enfance. Une exploration saine implique un intérêt mutuel, des stades de développement similaires et l’absence de pression. En revanche, les comportements préjudiciables s’accompagnent souvent de coercition, de secret ou d’un déséquilibre des pouvoirs.
Les symptômes de ce type de traumatisme peuvent se manifester par de l’anxiété, une dépression, des difficultés à faire confiance aux autres ou des problèmes scolaires. Certains survivants d’abus sexuels subis dans l’enfance développent un stress post-traumatique ou éprouvent de la confusion quant aux relations saines.2,3 D’autres se réfugient dans la consommation de substances ou d’autres comportements à risque. Lorsque des frères et sœurs ou des membres de la famille sont impliqués, l’impact se répercute sur l’ensemble de la famille — en particulier si les personnes qui s’occupent de l’enfant ne croient pas ce qui s’est passé, rejettent la faute sur la victime ou tentent de minimiser les faits.
Il est également important de reconnaître qu’un enfant qui a causé du tort n’est pas « destiné » à devenir un agresseur à l’âge adulte. Bien que cette crainte soit courante, les études montrent qu’avec une intervention adaptée, la majorité des jeunes ne reproduisent pas ce type de comportement.3,4 Un soutien précoce peut permettre de réorienter leur comportement et d’améliorer considérablement la situation pour toutes les personnes concernées.
Pourquoi les abus sexuels entre enfants devrait tous nous concerner
Lorsque l’on ne se penche pas sur les abus sexuels entre enfants, ce sont des familles entières qui en souffrent. Les survivants peuvent être aux prises pendant des décennies avec un traumatisme qui affecte leur scolarité, leur carrière, leurs relations et leur santé. Elles sont exposées à des risques accrus de troubles mentaux, de toxicomanie, de sans-abrisme et d’instabilité financière.2
Ces situations ne se limitent pas à un type de famille en particulier. Si certains facteurs de stress peuvent accroître les risques, les comportements sexuels préjudiciables entre enfants se produisent dans toutes les communautés. Considérer ce problème comme touchant uniquement les familles « en difficulté » peut empêcher les gens de reconnaître les signes avant-coureurs ou de demander de l’aide.
Les enfants qui commettent des abus ont eux aussi besoin de soutien. Sans intervention, ils risquent davantage de rencontrer des difficultés à l’âge adulte, non seulement en termes de récidive potentielle, mais aussi en matière d’emploi, de relations et de problèmes juridiques.4 Plus nous intervenons tôt, meilleurs sont les résultats pour toutes les personnes concernées. Il y a également un coût plus large pour la communauté. Lorsque les familles ne reçoivent pas de soutien, lorsque les écoles ne sont pas équipées pour réagir, ou lorsque les comportements préjudiciables sont minimisés ou mal compris, des opportunités de prévention sont perdues. En créant des environnements où la divulgation est accueillie avec soutien plutôt qu’avec honte — et où tant les victimes que les auteurs de ces actes peuvent accéder à des soins appropriés — nous renforçons la sécurité et le bien-être de tous les enfants.
MYTHE 1
« Les enfants sont comme ça : c'est juste leur curiosité naturelle. »
RÉALITÉ
MYTHE 2
RÉALITÉ
MYTHE 3
RÉALITÉ
MYTHE 4
RÉALITÉ
Qu'est-ce qui conduit aux abus sexuels entre enfants ?
Les abus sexuels entre enfants ou adolescents ne sont pas dus à un seul facteur : ils peuvent résulter d’une combinaison d’expériences, d’environnements et d’influences qui façonnent la manière dont un jeune appréhende les limites, les relations et la gestion de la détresse.
De nombreux jeunes qui adoptent des comportements sexuels préjudiciables ont eux-mêmes subi des traumatismes importants.3 Des études montrent qu’ils sont bien plus susceptibles que les autres jeunes délinquants d’avoir des antécédents d’abus émotionnels, physiques ou sexuels.15,16 Ils ont peut-être été témoins de violences domestiques ou ont grandi avec des parents aux prises avec une addiction, des troubles mentaux ou l’incarcération.3
Au-delà du traumatisme, d’autres facteurs jouent souvent un rôle.
Environnement familial
Difficultés sociales
Influences culturelles
Aucun de ces facteurs ne justifie un comportement abusif, mais les comprendre nous aide à réaliser que les enfants qui font du mal aux autres sont souvent eux-mêmes en difficulté, et que le fait de s'attaquer à ces problèmes peut contribuer à renforcer la sécurité de tous.
Comment les familles peuvent contribuer à prévenir les abus sexuels entre enfants
La prévention des comportements sexuels préjudiciables chez les enfants ne se résume pas à une simple conversation : elle repose sur une communication ouverte et régulière ainsi que sur les interactions quotidiennes. Les personnes qui s’occupent des enfants jouent un rôle essentiel pour les aider à comprendre les limites, à se sentir en sécurité pour s’exprimer et à développer des schémas relationnels sains. Les pratiques suivantes peuvent contribuer à jeter ces bases.
Il faut commencer dès le plus jeune âge à sensibiliser les enfants au corps, aux limites et au consentement, et poursuivre cette démarche à mesure qu’ils grandissent.
- Utilisez un langage adapté à leur âge pour leur expliquer les notions d’autonomie corporelle et d’intimité.
- Insistez sur le fait que chacun a le droit de dire « non » à un contact physique non désiré.
- Revenez régulièrement sur ces sujets afin qu’ils leur semblent normaux, et non gênants ou tabous.
La cohérence prime sur la perfection. Des discussions régulières aident les enfants à se sentir plus à l’aise pour poser des questions et faire part de leurs inquiétudes.
Les enfants sont plus enclins à s'exprimer lorsqu'ils ont le sentiment d'être écoutés et soutenus.
- Faites-leur clairement comprendre qu'ils peuvent venir vous voir pour vous faire part de n'importe quelle préoccupation, qu'elle soit importante ou non.
- Répondez-leur calmement, même lorsque ce qu'ils vous confient est difficile à entendre.
- Évitez de les blâmer ou de réagir de manière excessive, car cela pourrait les dissuader de se confier à l'avenir.
La manière dont vous réagissez déterminera s'ils oseront à nouveau se confier.
De nombreuses interactions, qu'elles soient bénéfiques ou néfastes, se déroulent dans des espaces que les adultes ne voient pas toujours.
- Sachez avec qui votre enfant passe du temps, tant en personne qu'en ligne.
- Fixez des règles claires concernant la communication numérique et la vie privée.
- Abordez la supervision comme un moyen d'accompagner, et non de contrôler, afin que les enfants se sentent en sécurité, et non surveillés.
La supervision est plus efficace lorsqu'elle s'accompagne de confiance et de transparence.
Les enfants apprennent ce qui est « normal » en observant et en vivant les relations qui les entourent.
- Parlez ouvertement du respect, des limites et de la communication.
- Aidez-les à distinguer ce qui les met à l'aise de ce qui les met mal à l'aise dans leurs amitiés et leurs premières relations amoureuses.
- Encouragez l'empathie, la responsabilité et le respect des limites des autres.
Comprendre ce qu'est une relation saine aide les enfants à reconnaître quand quelque chose n'est pas normal.
Parfois, la prévention consiste aussi à savoir reconnaître quand un enfant a besoin d’une aide supplémentaire.
- Prenez au sérieux les comportements inquiétants, que votre enfant en soit victime ou qu’il en soit l’auteur.
- Faites appel à des professionnels qualifiés lorsqu’un accompagnement ou une intervention s’impose.
- Une prise en charge précoce peut éviter que la situation ne s’aggrave et améliorer la situation pour toutes les personnes concernées.
Options d'assistance immédiate
Si vous ou l'un de vos proches avez besoin d'aide immédiatement, voici les ressources confidentielles à votre disposition (USA) :
- RAINN National Sexual Assault Hotline: 1-800-656-HOPE (4673)
- RAINN Online Chat: rainn.org
- Crisis Text Line: Text HOME to 741741
- 988 Suicide & Crisis Lifeline: Call or text 988
- Childhelp National Child Abuse Hotline: 1-800-422-4453
Que faire dans l'immédiat ?
Si vous venez d'apprendre qu'un enfant a subit un préjudice, ou si un enfant vient de vous dire qu'il s'est passé quelque chose, ces mesures s'appliquent quel que soit l'auteur du préjudice.
Si un enfant vous a confié avoir été victime d’abus :
- Croyez-le et remerciez-le de vous en avoir parlé. Ne doutez pas de ses propos, ne minimisez pas ce qu’il vous a confié et ne lui demandez pas de garder le silence.
- Restez calme. Votre réaction à ce moment précis déterminera s’il se sent en sécurité pour continuer à parler et s’il se sent soutenu pour faire face à ce qui s’est passé.
- Posez des questions générales. Il n’est souvent pas utile de poser des questions détaillées sur ce qui s’est passé. Demander l’aide d’un professionnel qualifié est la meilleure option dans ce cas. Gardez à l'esprit que des questions répétées peuvent affecter la capacité de l'enfant à donner un récit précis plus tard.
- Signalez-le. Contactez immédiatement les services locaux de protection de l'enfance ou les forces de l'ordre pour faire un signalement. Dans la plupart des États américains, certains adultes, notamment les enseignants, les médecins et les conseillers, sont légalement tenus de signaler tout soupçon d'abus.
- Contactez un professionnel. Contactez dès que possible un professionnel de la santé mentale spécialisé dans les traumatismes infantiles. Un soutien précoce améliore les résultats à long terme.
Si vous soupçonnez un cas de maltraitance mais qu’aucune plainte n’a été déposée :
- Fiez-vous à votre instinct. Il n’est pas nécessaire d’avoir des certitudes pour signaler un cas. Des professionnels qualifiés, tels que les services de protection de l’enfance, évalueront la situation et vous indiqueront la marche à suivre.
- Notez ce que vous avez observé. Consignez tout changement de comportement, les propos tenus par l’enfant et le moment où cela s’est produit. Ne confrontez pas l'enfant (ou l'adulte) que vous soupçonnez d'avoir causé du tort.
- Parlez à un professionnel. Contactez un pédiatre ou un autre professionnel si vous ne savez pas comment procéder.
Si votre enfant a pu causer du tort à un autre enfant :
- Réagissez de manière appropriée. Réagissez avec fermeté et bienveillance, sans faire honte. Un enfant ou un adolescent qui a causé du tort a lui aussi besoin d’un soutien professionnel.
- Ne confrontez pas directement l’autre enfant ou adolescent. Là encore, c’est souvent le moment de faire appel à un professionnel qualifié pour aider à guider le processus.
- Contactez un professionnel. Trouvez un professionnel spécialisé dans les comportements sexuels préjudiciables chez les jeunes. Des études confirment qu’avec une intervention précoce, la plupart des jeunes qui adoptent ce type de comportement ne le poursuivent pas à l’âge adulte.
Sujets connexes
Si vous souhaitez approfondir certains aspects spécifiques des abus sexuels entre enfants, les thèmes ci-dessous peuvent vous aider à trouver des conseils ciblés, des outils pratiques et des informations complémentaires. Chaque ressource est conçue pour compléter ce que vous avez appris sur cette page et vous aider à franchir la prochaine étape qui vous semble la plus adaptée à votre situation.
